VIDEO. «Who is America?»: Sacha Baron Cohen arrive encore à dynamiter la bien-pensance américaine

CANULARS Le premier épisode de « Who is America » a été diffusé lundi soir sur Canal+…

L.B.

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Extrait de «Who is America» de Sacha Baron Cohen.
Extrait de «Who is America» de Sacha Baron Cohen. — SHOWTIME
  • Dans Who is America, Sacha Baron Cohen s'amuse à troller le monde politique américain.
  • Dans le premier épisode, il se fait notamment passer pour un militant pro-armes auprès d'élus républicains à qui il présente un programme pour armer les enfants de 3 ans. 
  • La série est composée de sept épisodes. 

Who is America ? En découvrant le titre de la série signée Sacha Baron Cohen, on ne peut pas s’empêcher de penser à la chanson This is America de Childish Gambino. Et ça ne loupe pas, comme une réponse cinématographique à la critique sociétale du rappeur américain, l’humoriste s’offre une satire ultra-corrosive de sept épisodes dont le premier a été diffusé lundi soir par Canal +.

Pendant 25 minutes, le Britannique, devenu célèbre grâce à ses alter egos fictifs du reporter kazakh Borat ou du journaliste homosexuel autrichien Brüno, présente un éventail de nouveaux personnages plus excentriques les uns que les autres, pour ne pas dire grotesques. Et la magie opère. Méconnaissable en conspirationniste alt-right, en conférencier spécialisé dans les gender studies, en ancien détenu ou en Israélien pro-armes, il dupe plus d’une personnalité politique. On vous donne trois bonnes raisons de regarder ce programme.

Pour s’offrir la poilade de l’été

Dès les premières minutes, Sacha Baron Cohen, dans le rôle du conspirationniste Billy Wayne Ruddick Jr., créateur du site de « réinformation » Truthbrary.org, met la barre très haute. Son personnage tente de prouver à Bernie Sanders qu’on pourrait résoudre les écarts économiques en suivant le plan de « l’Institut International de Vérité et de Connaissance ». Il suffit de déplacer les 99 % dans le 1 % par un tour de passe passe mathématique que seul le personnage de Sacha Baron Cohen semble comprendre. « Si vous déplacez tout le monde dans le 1 %, ce n’est plus le 1 % », rétorque le sénateur démocrate. La persévérance du conspirationniste face à l’impassibilité de Sanders plonge la scène dans une absurdité désopilante. Et en plus, l’ancien adversaire d’Hillary Clinton à la primaire démocrate sort du canular sans une seule égratignure.

Pour connaître le vrai sens du mot « troll »

Sacha Baron Cohen manie l’art du trolling à la perfection. Dans le costume du Dr. Nira Cain-N’degeocello, un homme blanc cisgenre – et il s’en excuse —, il est invité chez un couple de républicains auquel il explique que pour briser les injonctions sociales liées au genre, il interdit à son fils d’uriner debout. De même, sa fille ne peut pas uriner assise et, lorsqu’elle a ses règles, elle doit s’asseoir sur le drapeau des Etats-Unis. Il confie également que son épouse le trompe avec un dauphin, repoussant ainsi les limites de la tolérance de ses interlocuteurs. Dans une autre séquence, il interprète un ancien détenu qui s’est reconverti dans l’art. Il explique à Christy Cones, dans sa gallerie d’art de Laguna Beach, qu’il s’est spécialisé dans le dessin à base de sperme et de matière fécale. Tandis qu’il dévoile ses œuvres d’excréments, il arrive à récupérer quelques-uns des poils pubiens de son interlocutrice.

Pour voir Sacha Baron Cohen ridiculiser certaines personnalités politiques

Coup de maître de ce premier épisode : se faire passer pour un Israélien pro-armes auprès de plusieurs sénateurs américains. Le colonel Erran Morad invite des élus républicains à se pencher sur sa proposition pour lutter contre les fusillades dans les écoles. Son programme ? Armer les enfants dès l’âge de 3 ans. Aux côtés d’un membre d’une association pro-armes, il réalise un tuto pour expliquer aux enfants comment tirer sur un individu. « Pas sur les pieds », répètent-ils en chœur, brandissant des armes à feu en forme de peluches. A la fin de la séquence, des personnalités politiques, piégées par le comique, enchaînent des slogans tels que : « Je soutiens le programme Kinder-guardians » [les enfants-gardiens, un jeu de mots avec le jardin d’enfants]. Donald Trump, troll en chef de la Maison Blanche, a-t-il trouvé un adversaire à sa mesure ?