Les agents d’«Au service de la France» reprennent du service

PARODIE « Au service de la France », la jubilatoire série parodique d’espionnage, créée par Jean-François Halin, le scénariste d’« OSS 117 : Le Caire, nid d’espions » et « OSS 117 : Rio ne répond plus », revient ce jeudi sur Arte…

Anne Demoulin

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Bruno Paviot, Joséphine de la Baume, Jean-Edouard Bodziak, Hugo Becker et Karim Barras dans «Au service de la France».
Bruno Paviot, Joséphine de la Baume, Jean-Edouard Bodziak, Hugo Becker et Karim Barras dans «Au service de la France». — Luc Roux

Moulinier, Jacquart, Calot, les pieds nickelés racistes, machistes et obnubilés par leurs notes de frais d’Au service de la France reprennent du service. Après trois ans d’absence, la jubilatoire série parodique d’espionnage, créée par Jean-François Halin, le scénariste d’OSS 117 : Le Caire, nid d'espions et OSS 117 : Rio ne répond plus, revient ce jeudi sur Arte à 20h55. Guerre froide, putsch des généraux à Alger, et émancipation africaine sont au cœur des missions qui attendent cette joyeuse bande de bras cassés dans ce second volet qui nous transporte un an après la saison 1, en 1961. On a cuisiné, lors d’une table ronde avec quelques confrères, l’équipe pour tout savoir sur ce second volet.

Plus d’assurance pour André Merlaux

Souvenez-vous, en saison 1 (disponible sur Netflix et arte.tv), on découvrait les méandres et les opérations souvent saugrenues des bureaux des services secrets français en 1960 au travers du regard d’un jeune stagiaire beau garçon, sérieux et idéaliste, André Merlaux (Hugo Becker), qui allait vite déchanter. En saison 2, « il est plus à l’aise, plus sûr de lui. Il n’est plus en décalage parce qu’il découvre les choses, mais parce qu’il est ahuri par ce qu’il voit », résume Hugo Becker.

Plus d’infos sur la vie privée des personnages

« Le défi de la deuxième saison était de ne pas être une redite de la première. On avait pour ambition de quitter le bureau de la saison 1 et d’aller plus vers la vie privée des personnages », explique le producteur, Gilles de Verdière. « 1961, c’est proche de 1960 ; le risque était de répéter des enjeux historiques déjà traités en saison 1. Ce qui nous a amusés, c’est d’aller chercher dans la personnalité de nos héros, ce qui dans la grande Histoire pouvait avoir une résonance chez eux », détaille la scénariste Claire Lemaréchal.

« On avait envie de créer des failles, de créer des dilemmes pour eux : je pense notamment à un personnage qui se retrouve obligé de révéler son homosexualité ce qui n’est pas évident en 1961, et encore aujourd’hui dans le regard de certains », poursuit Jean-François Halin.

Plus de place pour les personnages féminins

La saison 2 parle d’émancipation, celle de l’Afrique noire, qui vient de conquérir son indépendance, celle de l’Algérie qui se dirige vers le référendum, et l’indépendance, mais aussi celle de la femme. « On trouvait cela amusant de traiter cette question au travers des personnages féminins qui s’émancipent tous : Marie-Jo (Marie-Julie Baup) va dépasser les hommes professionnellement à leur grand dam. Irène, la femme du Colonel, le quitte et divorce en 1961, ce qui est assez improbable ! », détaille Jean-François Halin. « Oui, la longueur du texte de mon personnage a triplé », s’amuse Marie-Julie Baup.

Plus de rythme

Le réalisateur Alexandre Courtès a créé l’identité visuelle d’Au service de la France. « On était très content de la direction artistique de la première saison, mais on regrettait, par moments, un petit manque de rythme », analyse Jean-François Halin. « L’idée était de ramener du rythme et de la comédie, et d’être plus avec les personnages plutôt que d’être dans l’esthétique. Je me suis attelée à amener de la modernité dans cet univers désuet grâce au rythme », confie Alexis Charrier, le réalisateur de la saison 2. Résultat ? Un montage plus musclé.

Plus de références

Comme en saison 1, la série s’appuie sur de nombreux clins d’œil et références à la culture populaire. « On s’est amusé à faire des parallèles entre l’actualité de l’époque, qui fait miroir avec celle d’aujourd’hui, et nos personnages », souligne Jean-François Halin. Ici et là, des allusions à Donald Trump par rapport à l’Islam, mais aussi des clins d’œil à Hergé et à Tintin, aux films d’espionnage d’Alfred Hitchcock, mais aussi un hommage à Jacques Demy avec une séquence de comédie musicale qui se glisse dans l’un des épisodes.

Plus de saisons ?

Au service de la France aura-t-elle droit à une saison 3 ? « Ce qui nous amuserait, ce serait de faire un saut dans le temps, au moment de la conquête spatiale par exemple, ce serait drôle de voir ces personnages qu’on a vus figés, gominés et costumés et de les plonger en 1969 ou 1970 », annonce Jean-François Halin.

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