«"Candice Renoir" offre un grand spectre de possibles», se réjouit Cécile Bois

INTERVIEW France 2 diffuse les derniers épisodes inédits de la saison 6 de « Candice Renoir » ce vendredi…

Propos recueillis par Anne Demoulin

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Cecile Bois au festival international de la fiction télé de La Rochelle, en 2017.
Cecile Bois au festival international de la fiction télé de La Rochelle, en 2017. — DAVID NIVIERE/SIPA

Triste nouvelle pour les nombreux fans de la fiction familiale ! France 2 diffuse les derniers épisodes inédits de la saison 6 de Candice Renoir ce vendredi. 20 Minutes a débriefé cette saison avec Cécile Bois, l’héroïne de la série phare de France 2 et Ali Marhyar, alias Mehdi Badhou, lors du festival Séries Mania.

Candice Renoir se classe dans le top 10 des séries françaises les plus suivies en 2017 sur le petit écran et la saison 6 a battu des records d’audience, comment expliquez-vous ce succès ?

Ali Marhyar. On doit ce succès au personnage de Candice, et à Cécile Bois. Candice Renoir est une vraie femme.

Cécile Bois. Effectivement, des témoignages que je reçois, beaucoup de femmes se reconnaissent dans ce personnage plein de défauts. C’est une série humaine, entre les préoccupations familiales, les pressions professionnelles, les errances amoureuses, beaucoup de femmes s’accrochent à ça. Et au-delà de l’histoire et du personnage, on forme une équipe sur le plateau tellement soudée, tellement aimante, même si ce mot est un peu mièvre, que toute cette complicité et l’inventivité qu’on génère en jouant et en se parlant ensemble, transpirent à l’écran. L’intimité et cette amitié qu’on a réussi à créer, je crois qu’elle transperce, qu’elle est assez photogénique et qu’elle fait du bien.

Après une saison 5 tourmentée, le ton de la saison 6 est redevenu plus léger…

C. B. On était plus proche du ton de la saison 1. Fort d’avoir exploité des côtés plus sombres de Candice, de lui avoir donné du relief, on a pu aborder des choses dans la comédie avec moins de superficialité. On a retrouvé le duo Candice/Antoine qu’on avait perdu depuis la fin de la saison 4. On a exploité les personnages de Medhi et Val et leur amitié contrariée par les maladresses des uns et des autres, mais surtout de Medhi pour enrichir le scénario.

Raphaël Lenglet a réalisé les deux premiers épisodes de cette saison, comment s’est passé le tournage avec lui en tant que réalisateur ?

C. B. C’est une merde ! (rires) C’était assez jouissif parce qu’aucun réalisateur jusqu’à maintenant ne connaissait la série aussi bien que lui. Il est brillant, intelligent, il a beaucoup de psychologie. Comme il est comédien, il sait diriger, et nous diriger, parce qu’il nous connaît. Il est drôle et généreux et il a apporté énormément à ce début de saison. L’attachement que les téléspectateurs ont montré sur ces deux premiers épisodes, on le doit aux scénaristes et beaucoup à lui.

A. M. Il est très dynamique et il s’est beaucoup occupé du jeu des acteurs, du détail du jeu. Et c’était chouette et assez particulier.

Qu’est-ce qui vous séduit toujours vos personnages respectifs ?

A. M. J’adore la drôlerie et la naïveté de Mehdi. C’est un Candice au masculin. Et puis, j’aime le fait que la série mêle humour et polar. Pour un acteur, c’est extraordinaire. Il y a toujours matière à jouer. Et puis, il y a une homogénéité formidable au sein de l’équipe. Du coup, on a envie de revenir, de se retrouver et ça c’est bon.

C. B. Candice est un personnage qu’on ne croise pas tous les jours. J’ai eu cette chance il y a six ans et c’est la même aujourd’hui. J’ai beaucoup de choses à jouer, beaucoup de fantaisie, de choses surprenantes. Avec ce personnage, je peux aller dans plein d’endroits qui ne seraient pas possibles avec d’autres. Candice Renoir offre un grand spectre de possibles. Comme Ali, je viens de sortir du tournage de deux autres films, et je n’ai qu’une envie, c’est de retrouver Candice et mes copains au bord de la mer, l’équipe artistique et technique. J’ai envie de repartager des moments avec eux parce que je sais que c’est la gageure d’un mois et demi de rigolade et de travail, dans des conditions qu’on n’a pas toujours.

Maman solo, commandante de police, Candice Renoir est-elle féministe ?

C. B. Je ne sais pas si elle est féministe. Je sais qu’elle est féminine. Je sais que c’est très à la mode de se sentir féministe et de se ranger derrière une actualité et on a besoin de défendre la femme. Candice est un être humain qui revendique sa liberté, pour les femmes, cela a toujours été compliqué, mais pour l’être humain, c’est une nécessité. Elle s’émancipe de l’autorité, d’un schéma familial, d’une image de mère aussi. Au travers sa vie privée et professionnelle, elle cherche l’écart qui lui permet de se sentir libre du regard des autres, mais aussi de la pression professionnelle et familiale.

En tant qu’acteur, y a-t-il un plaisir ludique à jouer un flic ?

A. M. Jouer un flic est toujours un fantasme pour les acteurs parce qu’on a grandi avec des séries policières et à chaque fois qu’on est dans la peau d’un flic, c’est un plaisir de porter l’uniforme, de dire « police », d’arrêter des méchants, et toi, Cécile ?

C. B. Moi, quand on était venu vers moi pour me proposer une série de flics, je me suis dit : « Encore, une série de flics, on ne peut pas trouver autre chose ! ». Et puis, sont arrivées l’histoire et la personnalité un peu hallucinée et hallucinante de Candice, et c’est ça qui m’a plu, pas sa fonction. Et il se trouve qu’elle est flic. Et c’est cette personnalité halluciné et hallucinant qui va se décliner sur toute sa vie, y compris sa vie professionnelle, qui va donner un caractère un peu particulier à ses enquêtes et à sa relation à ses collègues.

Il paraît que la saison 7 est en écriture…

A. M. Les premiers épisodes sont déjà écrits. On commence le tournage le 16 juin à Sète.

Comment souhaitez-vous que vos personnages respectifs évoluent ?

A. M. C’est toujours une question difficile. On a la chance sur Candice Renoir de pouvoir donner notre avis et nos envies aux auteurs. Concernant Mehdi, je veux qu’il garde son humour, je demande aussi un peu d’action pour m’amuser.

C. B. J’aime bien être surprise. A partir du moment où je souris de ce qu’on me propose ou que je me dis : « Tiens, on peut jouer des choses qu’on n'a pas encore joué, qu’on peut s’amuser ». Tout ce qui est un peu nouveau sur la base actuelle me séduit. Je suis finalement une fille très facile.

A. M. Dans le travail !

C. B., riant. Dans le travail !