VIDEO. Séries Mania: Patrick Duffy, prêt à jouer «le livreur de pizza» dans «Grace & Frankie»

CULTE De « Dallas » au reboot de « Notre belle famille » en passant par son envie de jouer avec Jane Fonda dans la comédie de Netflix, rencontre à Séries Mania avec Patrick Duffy, l’inoubliable Bobby Ewing…

Anne Demoulin
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Patrick Duffy le 2 mai au festival Series Mania à Lille.
Patrick Duffy le 2 mai au festival Series Mania à Lille. — A. Demoulin/20 Minutes
  • Patrick Duffy était l’un des invités d’honneur du festival Séries Mania, festival 100 % séries qui s’est achevé ce samedi à Lille.
  • « Dallas a changé la télévision, pas seulement ce que le public attend mais aussi ce qu’il est prêt à accepter », a confié l’inoubliable Bobby Ewing.
  • « Je suis mort et je suis revenu, alors tout peut arriver ! », a-t-il plaisanté au sujet d’un reboot de Notre belle famille.
  • Le comédien aimerait beaucoup jouer dans la comédie de Netflix avec Jane Fonda et Lily Tomlin.

Cheveux longs et gris attachés en queue-de-cheval, barbe soigneusement taillée et sourire aux lèvres. A 69 ans, Patrick Duffy a l’air d’un vieux sage apaisé. Une sérénité due à la pratique la méditation bouddhiste. L’acteur américain, l’homme poisson de L’homme de l’Atlantide, le papa poule de Notre belle famille, et surtout le gentil nabab pétrolier de Dallas, faisait partie des invités d’honneur de Séries Mania.20 Minutes a rencontré l’inoubliable Bobby Ewing à l'occasion d’une table ronde avec une poignée de journalistes.

« Dallas », ton univers mémorable

« J’ai commencé ma carrière il y a quarante ans. Sur Dallas, on tournait avec une seule caméra », se souvient Patrick Duffy. Tout commence le 2 avril 1978 lorsque CBS propose aux téléspectateurs américains une mini-série en cinq épisodes d’un genre encore jamais vu, un prime time soap, le portrait d’une famille de riches et puissants texans, également propriétaire d’un ranch, les Ewing. « Dallas a changé la télévision, pas seulement ce que le public attend mais aussi ce qu’il est prêt à accepter », commente-t-il.

Dans une Amérique alors en plein embargo pétrolier arabe, Dallas devient un phénomène. Le feuilleton tient finalement en haleine les téléspectateurs du monde entier durant 357 épisodes, répartis en 14 saisons, jusqu’au 4 mai 1991. « Sur L’homme de l’Atlandide, chaque épisode avait un début, un milieu et une fin. L’épisode suivant ne démarrait pas où le dernier épisode avait laissé le spectateur. Nous avons changé cette formule pour toujours, nous avons inventé le cliffhanger, nous avons tout changé », se souvient-il. « Nous avons rendu un service aux acteurs en ne l’enfermant pas dans un format de 42 minutes », se réjouit-il.

Serait-il prêt à endosser une nouvelle fois le costume du gentil texan ? « J’ai fait le reboot de Dallas mais je ne suis pas un grand fan des reboots. A part pour faire de l’argent et de l’audience, la question basique qu’on doit se poser c’est : "pourquoi ramener cette série et ses personnages ?" C’est facile de s’appuyer sur une série qui est déjà célèbre, mais vous réécrivez ce qui a déjà été écrit. »

Le reboot de « Notre belle Famille »

Pour une autre génération de téléspectateurs, Patrick Duffy représente Frank Lambert, l’entrepreneur divorcé, père de trois enfants, qui convole à la Jamaïque, sur un coup de tête, avec Carol Foster, également divorcée et mère de trois enfants.

Concernant un éventuel reboot de la sitcom culte, il admet qu’il « y a une base de fans » prêts à revoir cette famille recomposée se recomposer. « La seule raison me pousserait à le faire, ce que je ne veux pas, mais il ne faut jamais dire jamais, c’est que j’aime la famille d’acteurs de Notre belle famille. Mais je ne trouve pas de raisons satisfaisantes de le faire ». « Je suis mort et je suis revenu, alors tout peut arriver ! », plaisante-t-il faisant allusion à son come-back impossible et la fameuse dream season de Dallas.

Un rôle dans « Grace and Frankie »

L’acteur, également réalisateur de nombreux épisodes des séries dans lesquelles il a joué, a suivi avec attention l’évolution de la mise en scène télévisuelle : « Le réalisateur est comme un joueur d’échecs », s’amuse-t-il. Son prochain défi : « J’aimerais faire des effets spéciaux, voir si je vais y arriver. »

L’homme, veuf depuis fin janvier 2017, travaille désormais avec ses deux fils, Padraic, né en 1975 et Connor, né en 1980. Avec l’aîné, il est sur le point d’ouvrir un bar à Santa Monica : « Ça a été très compliqué à monter mais il devrait ouvrir en mai ». Avec le cadet, il prépare une série destinée aux téléphones mobiles avec des épisodes de « neuf à douze minutes ». « Je vais jouer une ex-superstar alcoolique qui retourne dans sa ville natale tous les ans parce qu’il y est encore une célébrité. Il va se lancer dans la course pour devenir maire. C’est une comédie écrite par mon plus jeune fils, un talentueux scénariste », se félicite-t-il.

Patrick Duffy aimerait jouer dans une série d’époque : « J’ai fière allure en cravate et je suis très à l’aise dans ce genre », fait-il remarquer. Lui, qui a toujours joué les gentils, pourrait incarner un méchant à la JR à l’écran si on lui proposait : « Je le ferais certainement parce que c’est inattendu. Mais je serais parfaitement heureux de ne jamais le faire, ce n’est pas quelque chose derrière laquelle je cours à tout prix. »

L’acteur américain rêve de jouer dans la série Netflix Grace & Frankie. Il se dit même prêt à jouer « le livreur des pizzas » pour avoir l’occasion de jouer avec « Jane Fonda et Lily Tomlin ». « Si vous avez des contacts, je suis preneur », plaisante-t-il.

Le comédien est particulièrement sensible à la « profondeur des acteurs ». « Le festival Séries Mania a diffusé à Lille un montage de Dallas. Dans une des séquences, on voit Barbara Bel Geddes qui prononce juste un mot "pourquoi". Au travers une simple réplique, on sent tout le travail d’une carrière », admire-t-il, les larmes aux yeux, en évoquant celle qui jouait sa mère, Miss Ellie Ewing, dans le mythique feuilleton. Nul doute, comme Bobby Ewing, Patrick Duffy est un vrai gentil.