«The Handmaid’s Tale»: Une saison 2 «100 fois plus sombre», comme l’a promis Elisabeth Moss

RETOUR La seconde saison de « The Handmaid’s Tale » revient ce jeudi sur OCS. « 20 Minutes » a eu accès aux deux premiers épisodes et vous explique sans divulgâcher pourquoi elle tient ses promesses…

Anne Demoulin

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Elisabeth Moss dans la saison 2 de «The Handmaid's Tale».
Elisabeth Moss dans la saison 2 de «The Handmaid's Tale». — Take Five/Hulu
  • The Handmaid's Tale fait son retour ce mercredi sur Hulu aux Etats-Unis et en France sur OCS ce jeudi à 20h40.
  • Cet article est garanti 100% sans spoiler. 
  • « Cette saison est 100 fois plus compliquée, 100 fois plus grosse, 100 fois plus sombre, que la saison 1 », a promis Elisabeth Moss, qui campe l'héroïne de la série.

C’est l’une des séries les plus attendues de l’année. La saison 2 de The Handmaid's Talefait son retour ce mercredi sur Hulu aux Etats-Unis et en France sur OCS ce jeudi à 20h40. « Cette saison est 100 fois plus compliquée, 100 fois plus grosse, 100 fois plus sombre, que la saison 1 », a promis Elisabeth Moss, qui campe l’héroïne June/Defred, dans une interview accordée au magazine américain Entertainment Weekly. 20 Minutes a eu accès aux deux premiers épisodes et vous explique (sans dévoiler l’intrigue) pourquoi cette saison 2 semble tenir ses promesses et s’inscrire dans la lignée de la première !

Une saison très attendue

Avec une critique unanime, 13 nominations aux Emmys et 8 prix récoltés - dont meilleure série dramatique, meilleure actrice, meilleur scénario et meilleure réalisation -, deux Golden Globes - meilleure série dramatique et meilleure actrice - et quantité d’autres prix, la première saison de l’adaptation du roman de Margaret Atwood publié en 1985 a frappé fort.

The Handmaid’s Tale a fait étrangement écho à l’accession au pouvoir de Donald « grab them by the pussy » Trump et aux menaces du vice-président Mike Pence de limiter l’accès des femmes à l’avortement légal aux États-Unis.

Cette dystopie a mis en scène un monde patriarcal radical dans lequel les femmes ont perdu tous leurs droits et sont réduites à l’esclavage sexuel en plein mouvement #MeToo.

Une saison sans filet

Après une première saison adaptant l’intégralité du roman du même nom écrit par Margaret Atwood, la seconde saison commence précisément là où le roman se termine. Que les fans de l’écrivain se rassurent. Le showrunner Bruce Miller s’est adjoint les services de la brillante écrivaine canadienne en tant que consultante pour imaginer la suite de l’histoire de Defred, prisonnière d’une dictature intégriste et phallocrate. The Handmaid’s Tale est donc aussi fidèle à l’univers d’Atwood que Game of Thrones respecte celui de George R. R. Martin.

Les deux premiers épisodes (les seuls que nous avons pu voir à ce jour) s’ouvrent là où se refermait la saison 1. Le spectateur retrouve June/Defred embarquée dans un van après s’être rebellée contre la tyrannique République de Gilead en refusant de lapider une de ses compagnes d’infortune, Jeanine (Madeline Brewer). Sa vie ne tient qu’au fait qu’elle soit enceinte, de Nick et non pas du Commandant, dans un monde où le taux de natalité est proche de zéro.

« Je m’appelle June Osborne et je suis libre », laisse entendre la bande-annonce de ce nouveau chapitre… Et pourtant, le premier épisode, réalisé par le créateur de la série, Bruce Miller, est encore plus sombre, plus poignant, plus oppressant que précédemment. Les mises en scènes de Gilead et la terrible Tante Lydia (Ann Dowd) n’ont rien à envier aux pires mises en scène des camps de la mort nazis. Elisabeth Moss est au sommet de son art, tout comme le travail époustouflant du directeur de la photographie, Colin Watkinson.

Une saison sur l’installation de la dictature

Cette seconde saison va montrer comment tout cela est arrivé, comment les Etats-Unis sont devenus Gilead, via les flash-back des différents personnages. Au fil des treize épisodes de la saison, on va connaître plus en détail les rouages de ce système étatique patriarcal qui prive les femmes de toute liberté. The Handmaid’s Tale montrera notamment comment le contrôle passe par la destruction d’un des piliers de la démocratie, la presse… Une réflexion qui a tout son sens à l’heure du débat autour des fake news.

Une saison autour de la maternité

« June est enceinte. C’est la bombe à retardement qui est une bonne chose, et potentiellement une chose très triste si elle ne peut pas garder son bébé. C’est très, très présent durant toute la saison », a expliqué Elisabeth Moss à E-News.

Les questions de la maternité, du corps féminin et de sa réappropriation seront au cœur de cette seconde saison.

Une saison dans les colonies

L’expansion géographique est le nouvel élément de la deuxième saison. Dans le roman de Margaret Atwood, la romancière fait référence aux colonies, ces camps de travaux forcés au milieu de terrains pollués ou d’anciens sites nucléaires. Mentionnés en saison 1, ces territoires, punition des rebelles les plus récalcitrantes, seront les nouveaux cadres majeurs de l’intrigue.

Les spectateurs y retrouveront Emily/Deglen/Desteven (Alexis Bledel de Gilmore Girls) rescapée d’une clitoridectomie pour avoir eu des relations homosexuelles, qui a atterri dans les Colonies après avoir tué deux gardiens. Contrairement au livre - dans lequel elle se pendait - Deglen est vivante et va prendre de plus en plus d’importance dans la série. On y découvrira son histoire et son passé.

Un troisième lieu va prendre de l’importance : le Canada, où Moira (Samira Wiley d’Orange is The New Black) retrouve le mari de June, Luke Bankole (O. T. Fagbenle).

Une saison avec de nouveaux personnages

The Handmaid’s Tale accueille aussi de nouveaux personnages. Clea DuVall interprétera la femme d’Emily, tandis que Marisa Tomei incarne une des femmes exilées dans les Colonies. Bradley Whitford campe, quant à lui, le Commandant Joseph Lawrence, un esprit machiavélique à qui Gilead doit son système économique. De quoi élargir l’univers, et qui sait, atteindre les dix saisons comme le souhaite Bruce Miller ?