Dix-sept auteurs, dont George R.R. Martin, portent plainte contre le créateur de ChatGPT pour « vol à grande échelle »

IA Cette plainte collective s’ajoute à une autre, déposée au début du mois contre OpenAI et Meta, pour « violation de la propriété intellectuelle »

Caroline Madjar (Cover Media)
Dix-sept auteurs, dont George R.R. Martin, portent plainte contre le créateur de ChatGPT — 20 Minutes - CoverMedia

Les scénaristes et acteurs ne sont pas les seuls à entamer des actions à grande échelle pour contrer l’utilisation de l’intelligence artificielle par les grands groupes. Dix-sept écrivains viennent de déposer une plainte collective à la cour fédérale de New York contre OpenAI, le créateur de ChatGPT. Parmi eux, on retrouve de grands noms de la littérature, comme l’auteur de science-fiction George R.R. Martin (Game of Thrones), la romancière Jodi Picoult (J’aimerais tant que tu sois là) et le poids lourd du polar John Grisham (La Firme).

Soutenus par le syndicat des auteurs américains, Authors Guild, ils accusent OpenAI de mettre en place un « vol systémique à grande échelle » pour soutenir ChatGPT, qualifiée de « massive entreprise commerciale ». Ils en veulent pour preuve la possibilité d’une recherche par auteur, ainsi qu’ils l’ont testé avec George R.R. Martin et ChatGPT ayant généré une préquelle à Game of Thrones intitulée « A Dawn of Direwolves » reprenant les personnages inventés par l’auteur.

Humains vs machines

« Il est impératif que nous arrêtions ce vol, sans quoi notre incroyable culture littéraire, qui nourrit de nombreuses industries créatives aux Etats-Unis, sera détruite. Les grands livres sont généralement écrits par ceux qui passent leur carrière et, assurément, leur vie, à apprendre et perfectionner leur art. Pour préserver notre littérature, les auteurs doivent être capables de contrôler si, et comment, leurs travaux sont utilisés par une IA », a déclaré à l’Associated Press Mary Rasenberger, la responsable de l’Authors Guild.

OpenIA, de son côté, a assuré, dans un communiqué, être du côté des auteurs « avec qui nous avons des conversations productives » et avoir « travaillé de façon coopérative pour comprendre et parler de leurs inquiétudes au sujet de l’IA ». Il s’agit pourtant de la deuxième plainte déposée collectivement contre le programme d’intelligence artificielle. Au début du mois, plusieurs auteurs, dont Michael Chabon, ont attaqué en justice le créateur de ChatGPT ainsi que Meta pour « violation de la propriété intellectuelle ». Ils reprochent à ces deux entreprises d’avoir utilisé leurs œuvres sans permission pour perfectionner leurs IA respectives.

Gage que ce n’est que le début de la lutte entre humains et machines. Si, pour l’instant, l’industrie de la musique est divisée, entre ceux qui s’inquiètent et ceux qui l’utilisent, des employés d’autres secteurs ne peuvent que constater les résultats. À titre d’exemple, l’entreprise de veille médiatique Onclusive a décidé de remplacer plus de la moitié de ses effectifs par l’intelligence artificielle. Concrètement, cela donne 217 emplois supprimés d’ici l’année prochaine sur les 383 qui faisaient jusque-là fonctionner la société.

Certains diront peut-être que l’intelligence artificielle n’a pas encore généré de Terminator, mais il serait peut-être temps que les humains trouvent leurs John et Sarah Connor.