Les avocats de Johnny Depp le présentent comme une victime d'Amber Heard, qui ne cède rien à la barre

COMPTE-RENDU Amber Heard a fini de témoigner sans véritablement être déstabilisée par le contre-interrogatoire des avocats de Johnny Depp

P.B. avec AFP
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Johnny Depp écoute le témoignage d'Amber Heard à la barre le 17 mai 2022.
Johnny Depp écoute le témoignage d'Amber Heard à la barre le 17 mai 2022. — Brendan Smialowski/AP/SIPA

Amber Heard en a terminé à la barre. Face au feu roulant du contre-interrogatoire mené par les avocats de Johnny Depp, l’actrice américaine n’aura finalement jamais vraiment été déstabilisée lundi et mardi. Présentée comme l’instigatrice des nombreuses disputes avec son ex-époux, et souvent la première à porter les coups, Amber Heard a assuré qu’elle n’avait fait que « se défendre ».



« M. Depp n’est pas le premier partenaire que vous avez agressé, n’est-ce pas ? », insiste Camille Vasquez, l’une des avocats de l’acteur. « Je n’ai jamais agressé M. Depp ni quiconque avec qui j’ai eu une relation amoureuse, jamais », répond Amber Heard. « J’ai de nombreuses fois dû utiliser mon corps pour me défendre, et cela incluait de frapper où je pouvais si ça me permettait de m’échapper (…) si ça voulait dire un visage gonflé plutôt qu’un nez cassé ». Mais elle a nié avoir jamais été « la première à frapper ».

« Oui, j’ai initié ce combat »

L’avocate de Johnny Depp faisait référence à l’arrestation d’Amber Heard à l’aéroport de Seattle, en 2009, lorsqu’elle avait été accusée d’avoir agrippé le bras de son ex-compagne, Tasya van Ree. Mais cette dernière avait assuré que les accusations étaient « exagérées », et les charges avaient été abandonnées.

Amber Heard semble pourtant contredire elle-même ses déclarations. Dans un enregistrement, le jury l’a entendue lancer à Johnny Depp : « Je t’ai frappé, je ne t’ai pas donné de coup de poing. Oui, j’ai initié ce combat, t’es un putain de bébé. » A la barre, elle a assuré que Depp tentait de forcer la porte de la pièce dans laquelle elle s’était réfugiée.

Depuis le début du procès, les sept jurés ont vu de nombreuses photos de blessures qu’Amber Heard impute à Johnny Depp : des bleus sous l’œil, au nez et au bras, et une lèvre gonflée. Mais à la barre, elle a été forcée d’admettre qu’elle n’avait pas photographié ses bras et ses pieds entaillés, selon elle, par des débris de verre. Et qu’elle n’avait pas consulté de médecin après le viol que lui aurait fait subir Johnny Depp avec une bouteille d’alcool en Australie. L’avocate de Johnny Depp l’a encore accusée d’avoir « photoshopé » certaines images pour intensifier la rougeur des marques. Amber Heard, elle, a assuré qu’il ne s’agissait que d’un effet de la lumière jaune de la salle de bain.

Un témoin corrobore certains éléments

Pour la première fois, le jury a entendu un témoin de la défense, iO Tillett Wright, un ami d’Amber Heard. Dans une déposition enregistrée, il a expliqué qu’il avait souvent joué les médiateurs lors des disputes du couple. Et s’il n’a jamais vu Johnny Depp frapper Amber Heard, il a raconté avoir appelé la police en craignant pour la sécurité de son amie. Selon lui, Johnny Depp l’a accusé au téléphone d’avoir déféqué sur son lit. Wright a d’abord cru à une plaisanterie. Il dit avoir entendu Depp crier : « Tu penses que je t’ai frappée ? Et si je te décollais les cheveux ? » Le témoin dit avoir ensuite entendu « le téléphone tomber et (Amber Heard) crier ».



Selon Wright, Johnny Depp lui a également dit, le soir de son mariage, qu’il pouvait désormais « donner des coups de poing » à Amber Heard sans que « personne ne puisse rien y faire ». Il assure également avoir vu en personne le cuir chevelu abîmé de son amie, sa lèvre « gonflée » ainsi que des « fines coupures au bras » quand elle est revenue d’Australie.

Son témoignage pourrait peser dans l’esprit du jury : pour gagner son procès en diffamation, Johnny Depp doit convaincre les sept jurés qu’il n’a jamais été violent envers Amber Heard. « Si le jury conclut que Johnny Depp a été abusif, même une seule fois, physiquement, verbalement ou émotionnellement, alors l’édito [dans lequel Amber Heard se disait victime de « violences conjugales »] n’est pas diffamatoire », expliquait à 20 Minutes l’avocate américaine Sara Azari. Les débats doivent se poursuivre mercredi et durer jusqu’au 27 mai.