Margaret Atwood (« La Servante Ecarlate ») compare la fin du droit à l'avortement aux Etats-Unis à de l'esclavage

DROITS DES FEMMES L’autrice estime que ce n’est pas à l’Etat de décider de ce que les femmes ont le droit de faire de leur corps

20 Minutes avec agences
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L'autrice Margaret Atwood.
L'autrice Margaret Atwood. — Robin Pope/Cover Images

Lorsque la décision de la Cour Suprême remettant en question le jugement Roe v. Wade a fuité et que les Etats-Unis se sont réveillés avec la crainte d’une interdiction de l'avortement, de nombreux observateurs et internautes ont immédiatement cité La Servante Ecarlate, l’ouvrage de Margaret Atwood, qui décrit une société dans laquelle des femmes sont réduites en esclavage pour porter les enfants de leurs « maîtres ». L’autrice, militante de longue date pour les droits des femmes, s’est exprimée sur le sujet dans un article publié par le Guardian.

« L’accouchement forcé est de l’esclavage », écrit notamment Margaret Atwood dans un extrait de son livre d’essais Burning Questions relayé par la publication. « Les femmes qui ne peuvent pas décider elles-mêmes d’avoir ou non des enfants sont réduites à l’esclavage parce que l’Etat s’arroge la propriété de leur corps et le droit de leur dicter l’usage qu’elles doivent en faire », ajoute-t-elle.

Combat perpétuel

Alors qu’une utilisatrice de Twitter lui demandait d’indiquer à la Cour Suprême américaine que « La Servante Ecarlate ne devait pas être utilisé comme un manuel d’instruction », Margaret Atwood a répondu sans hésitation : « C’est déjà trop tard. »

L’ouvrage de l’autrice a en tout cas généré un mouvement de protestation qui prend de l’ampleur aux Etats-Unis. Des femmes, qui se battent contre le patriarcat, vêtues de rouge avec un bonnet blanc, comme les personnages de l’œuvre (et la série éponyme, diffusée par Hulu), se sont d’ailleurs récemment réunies pour manifester devant le bâtiment de la Cour Suprême à Washington D.C.