Un groupe d’activistes catholiques irlandais veut interdire le film « Benedetta » de Paul Verhoeven

CINEMA Le film dans lequel Virginie Efira incarne une nonne lesbienne, sort ce vendredi au Royaume-Uni

Caroline Madjar (Cover Media)
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La comédienne Virginie Efira
La comédienne Virginie Efira — Avalon / Starface

Un groupe d’activistes catholiques de Belfast en Irlande est vent debout contre Benedetta. Le film de Paul Verhoeven raconte non seulement l’histoire des expériences lesbiennes de la nonne Benedetta Carlini, une histoire vraie remontant au XVIIe siècle, mais la date de sortie du film les crispe encore plus. En effet, le long-métrage, sorti en France en juillet dernier, arrive ce vendredi au Royaume-Uni, soit le Vendredi Saint précédant Pâques.

Résultat, une pétition a été lancée contre le film mettant en vedette Virginie Efira dans le rôle-titre. « Dans une attaque choquante contre le Vendredi Saint, la société cinématographique MUBI va sortir Benedetta dans toute l’Irlande et au Royaume-Uni, un film qui insulte de façon horrible Notre Mère et son Fils », peut-on lire sur la pétition.

Blasphème

Les activistes ont ensuite listé tout ce qu’ils reprochent au film, à commencer par le fait qu’il ne respecterait pas l’histoire vraie de Sœur Benedetta. Paul Verhoeven s’est inspiré du livre de l’historienne Judith C. Brown, Immodest Acts : The Life of a Lesbian Nun in Renaissance Italy, pour écrire son scénario. Virginie Effira incarne la nonne qui découvre sa sexualité et son attirance pour les femmes au couvent.

Pour les activistes catholiques, il s’agit ni plus ni moins d’un film « blasphématoire » et « pornographique », et même de « l’exploitation de nonnes ». Ils s’insurgent notamment de voir la sœur « utiliser une statuette de la Sainte Vierge comme sex-toy ». Ils avancent que dans les années 1620, la vraie Sœur Benedetta, pour s’expliquer, avait fini par déclarer qu’elle avait été « possédée par le démon ».

Paul Verhoeven avait anticipé les critiques en répondant l’année dernière à ceux qui criaient déjà au blasphème. « Je ne comprends pas vraiment comment vous pouvez blasphémer quelque chose qui s’est passé, même en 1625. Vous ne pouvez pas changer l’histoire, vous ne pouvez pas changer les choses qui se sont produites, et je l’ai basé sur des faits qui se sont passés. Donc je pense que le mot blasphème dans ce cas est stupide », avait-il déclaré à Variety. Quant à la nudité présente dans le film, le cinéaste avait rappelé que « en général, les gens, quand ils ont une relation sexuelle, enlèvent leurs vêtements ». Dont acte.