Un recours collectif d’actionnaires de Twitter a été déposé contre Elon Musk

PROCES Le milliardaire se serait fait un petit bonus en ne déclarant pas son entrée dans le capital selon les règles

Caroline Madjar (Cover Media)
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L'homme d'affaires Elon Musk
L'homme d'affaires Elon Musk — Britta Pedersen/picture-alliance/Cover Images

L’arrivée d’Elon Musk au sein de Twitter fait bien des remous. Et il ne s’agit pas d’un aspect social ou éthique cette fois, mais d’argent. Des actionnaires ne sont pas contents et ont déposé plainte. Selon la loi américaine, le milliardaire avait dix jours pour annoncer son entrée au capital de l’entreprise, ayant acquis plus de 5 % des parts. Seulement, il ne l’a pas fait. Le patron de Tesla a fait son acquisition le 14 mars et ne l’a rendue publique que le 4 avril. A cette annonce, la valeur des parts de la plateforme de microblogging s’est envolée de 27 %, et ceux qui ont revendu des actions entre-temps l’ont un peu mauvaise.

Non seulement ils ont revendu leurs parts à une valeur moindre, mais l’homme d’affaires, de son côté, a, semble-t-il, pu réaliser une économie de 156 millions de dollars d’après le Washington Post. Une manœuvre visiblement illégale, raison pour laquelle des actionnaires qui se sentent floués ont décidé de porter l’affaire devant la justice.

Toujours plus haut

Elon Musk a dépassé les 5 % de parts achetées le 14 mars et a continué à en acquérir après cette date, jusqu’à atteindre les 9,2 %, le tout étant estimé à 3 milliards de dollars. Il aurait dû informer la Securities and Exchange Commission (SEC) de sa montée au capital avant le 24 mars. Ceux qui ont revendu leurs parts entre le 24 mars et le 4 avril n’ont pas pu profiter de l’emballement des cours de près de 30 %.

Ainsi, comme le note le Guardian, un plaignant, qui a revendu 35 de ses parts à 39,31 dollars l’unité, aurait pu prétendre à 49,97 dollars par action.

Par ailleurs, si Elon Musk est aujourd’hui considéré comme un actionnaire passif, le fait de ne finalement pas siéger au conseil d’administration lui permet d’augmenter ses acquisitions sans se restreindre à la limite de 14,9 %. Jusqu’où ira le milliardaire, alors qu’il est toujours empêtré dans une bataille judiciaire avec la commission de régulation américaine qui lui impose de faire approuver ses tweets sur Telsa par un avocat afin de ne pas enfreindre les règles sur la concurrence ?