Les filles de François Truffaut accusent Eric Zemmour de « profaner » l'œuvre de leur père

DROIT D'AUTEUR Le candidat d'extrême droite a utilisé plusieurs images du travail du cinéaste dans sa vidéo de candidature

20 Minutes avec agences
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Le candidat d'extrême droite Eric Zemmour lors de son meeting au Parc des expositions de Villepinte
Le candidat d'extrême droite Eric Zemmour lors de son meeting au Parc des expositions de Villepinte — Zuma / Starface

C’est la guerre entre Eric Zemmour et les héritières de  François Truffaut. En cause, le premier clip de campagne du candidat à la présidentielle, dans lequel il a utilisé, entre autres images dont il n’a pas les droits, des séquences de films du cinéaste de la Nouvelle Vague. Dans un communiqué rédigé par leurs avocats, les deux filles du réalisateur ont fait part de leur colère.

« Elles dénoncent l’utilisation sauvage d’extraits cinématographiques au mépris du droit moral dont elles sont les gardiennes. Dans son clip de campagne diffusé le 30 novembre 2021, M. Éric Zemmour s’est cru autorisé à utiliser, entre autres, des images extraites du film À bout de souffle de Jean-Luc Godard sur une idée originale de François Truffaut », peut-on lire notamment.

L’exact opposé de Zemmour

Laura et Eva Truffaut ajoutent que les idées du candidat, dont la théorie raciste du «grand remplacement » est la base de son mouvement, vont à l’encontre de celles de leur père. « L’atteinte portée au droit moral attaché à l’œuvre est une forme de profanation d’autant plus irrespectueuse que Truffaut, à l’exact opposé de Zemmour, aimait les gens dans leur variété et pour leurs faiblesses, il exprimait une vision généreuse et tendre de l’humanité », ajoutent-elles.

Dans un premier temps, cette lettre ouverte demande à l’équipe du candidat d’extrême droite de cesser d’utiliser ces images, rappelant qu’elles se réservent « le droit de donner à cette situation toutes les suites qu’elle appelle ».

Laeticia Hallyday, Luc Besson, ou encore Bernard Serf, neveu de Barbara, ont tous manifesté leur mécontentement face à l’utilisation illégale d’œuvres dans la vidéo de l’ancien journaliste.