Meeting d'Eric Zemmour : Eric Naulleau défend sa présence au premier rang

COPINAGE Le chroniqueur affirme avoir fait son travail de journaliste

Caroline Madjar (Cover Media)
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Eric Naulleau au Meeting de Villepinte
Eric Naulleau au Meeting de Villepinte — Lionel Guericolas/MPP/Starface

La venue d’Eric Naulleau au meeting d’Eric Zemmour à Villepinte, dimanche, n’est pas passée inaperçue. Nombreux se sont interrogés, avec ironie le plus souvent, sur sa présence au premier rang, à côté de l’ancien conseiller de Jean-Marie Le Pen, Lorrain de Saint Affrique, et non loin de l’opposante la plus illustre au PACS et au mariage pour tous, Christine Boutin. Ainsi, Jean-Michel Apathie a rappelé, dans un tweet, l’amitié qui lie les deux anciennes recrues de Laurent Ruquier, ajoutant qu’il « espère qu’il va monter sur scène pour prendre la parole ».

Alexis Corbière, député FI et porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, a de son côté qualifié Eric Naulleau de « pitoyable » : « Après avoir publié un livre avec un néonazi antisémite, [Naulleau] est ce soir au 1er rang du meeting de Zemmour aux côtés de l’ancien secrétaire de Le Pen et Mme Boutin. Le même s’offusquera d’être traité de facho, insultera la FI et prétendra être de gauche. » C’est à lui que le chroniqueur et auteur a livré sa réponse la plus cinglante, expliquant qu’il « préfère accomplir mon travail de journaliste au premier rang d’un meeting plutôt que d’accomplir mon travail de collabo au premier rang d’une manifestation islamiste comme M. Corbière et ses amis ».

Quand même bien placé

Depuis cette réponse, d’autres journalistes se sont alors demandé pour quel média Eric Naulleau était présent au premier meeting de campagne d’ Eric Zemmour. C’est donc pour l’émission de Cyril Hanouna, Touche Pas à Mon Poste, sur C8, l’ ancien employeur du candidat d’extrême droite, qu’il y est rendu. « Comme prévu, compte rendu exclusif ce soir dans TPMP. Ça ne va plus tarder, encore un peu de patience, je vous sens fébrile », a rétorqué Eric Naulleau, qui a également réservé une pique à Jean-Michel Apathie, trouvant cela « intéressant » que l’on puisse « assister au meeting d’Eric Zemmour sans être un de ses soutiens ».

Peut-être a-t-on alors assisté dimanche à ce qu’a dénoncé l’ancien journaliste du Figaro devenu candidat à la présidentielle dans son discours, c’est-à-dire une certaine proximité entre le pouvoir et les médias. Comme l’a déclaré Jérémie Michel, porte-parole des Juristes avec Zemmour et membre des Amis d’Eric Zemmour, sur Twitter, Eric Naulleau est « venu en tant qu’ami d’Eric Zemmour et chroniqueur politique », photo tout sourire à l’appui.

Force est de constater que les journalistes venus couvrir la manifestation n’étaient pas assis au premier rang (ni au deuxième). Certains ont été insultés et bousculés, comme l’équipe de Quotidien, exfiltrée avant de pouvoir réintégrer la salle 30 minutes plus tard.

Une atmosphère qui n’est pas sans rappeler les rassemblements organisés outre-Atlantique par Donald Trump qui, lui aussi, ciblait les journalistes lorsqu’il se trouvait sur scène, avec pour résultat une violence physique réelle de la part de ses sympathisants dans les rangées. Une différence à retenir tout de même : Donald Trump n’était pas journaliste mais animateur d’une téléréalité, The Apprentice, avant de se présenter à l’élection, contrairement à Eric Zemmour.