Plusieurs personnalités et ayants-droits menacent Eric Zemmour de porter plainte après sa vidéo de candidature

PRESIDENTIELLE L’ancien journaliste et son équipe de campagne semblent avoir oublié l’existence du droit d’auteur

Caroline Madjar (Cover Media)
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Le candidat à la présidentielle Eric Zemmour
Le candidat à la présidentielle Eric Zemmour — Zuma / Starface

Depuis la mise en ligne, hier midi, de la vidéo de candidature à l’élection présidentielle d’Eric Zemmour, les menaces de plainte s’accumulent. En effet, dans son annonce, le candidat d’extrême-droite s’est mis en scène, tentant d’imiter l’Appel du 18-juin de Charles de Gaulle, le tout entrecoupé d’images d’archives, de reportages télévisés, de photos de célébrités et d’œuvres cinématographiques, pour soutenir sa vision apocalyptique de la France. Problème : aucune de ces personnalités et créateurs de ces images montées pour promouvoir la théorie raciste du « grand remplacement » n’ont été contactés au préalable pour donner leur accord.

Une erreur assez incroyable de la part d’un ancien journaliste qui n’est pas censé ignorer le principe du droit d’auteur. Et pourtant, ni les ayants-droits de la chanteuse Barbara ni les distributeurs de cinéma, pas plus que les émissions de télévision, reporters ou encore Luc Besson n’ont été approchés par l’équipe de campagne d’Eric Zemmour pour obtenir les autorisations indispensables à une diffusion.

Dédain vs droit

Résultat, le neveu de Barbara, Bernard Serf, a dénoncé une « appropriation aussi révoltante que scandaleuse » de l’image de son aïeule qui « s’est faite sans l’accord de la famille de l’intéressée ». « Je me contenterai de rappeler à ce triste sire que si Barbara a survécu à l’occupation, (…) elle le doit non pas à la protection dont elle aurait bénéficié grâce à la politique maréchaliste (sinistre contre-vérité historique), mais bien à de courageux Français, qui au péril de leur vie ont prévenu les siens à temps, lui permettant ainsi d’échapper aux séides de Vichy », a-t-il ajouté.

Luc Besson a contacté son avocat après avoir découvert les images de son film Jeanne d’Arc avec Milla Jovovich dans la vidéo d’Eric Zemmour. Le réalisateur a dénoncé auprès de l’AFP une utilisation « frauduleuse » et entend « engager les poursuites nécessaires », ne partageant « en rien les idées » de l’ancien polémiste.

Les distributeurs Gaumont et Pathé, ont eux aussi fait savoir qu’ils n’ont « donné aucune autorisation » pour utiliser des extraits de Un Singe en hiver ou encore A bout de souffle et se réservent « le droit d’engager des poursuites ».

Valérie Trierweiler, qui est elle aussi mise en scène dans ce clip de campagne qui veut dénoncer, pêle-mêle, les politiciens, les journalistes, les féministes, les LGBT ou encore « les islamo-gauchistes », a exigé « le retrait immédiat » de son image et annoncé que son « avocat étudie les suites à donner ». Idem pour Jacques Attali, qui a mis en demeure Eric Zemmour.

Quotidien, dont un extrait représentant Yann Barthès a été utilisé, a annoncé porter plainte et son intention de « reverser aux associations qui viennent en aide aux migrants » les dédommagements financiers éventuels en cas de victoire au tribunal.

L’artiste Woodkid a également annoncé porter plainte, cette fois contre Génération Z, « groupe de soutien à la candidature de Monsieur Eric Zemmour aux prochaines élections présidentielles ». En cause, la publication d’une « vidéo de propagande utilisant, de manière totalement illicite » sa musique.

En réponse à toutes ces menaces de plaintes, Eric Zemmour a balayé avec dédain, au 20 heures de TF1, cette « querelle de juristes ». « Je ne m’occupe pas de ça », a déclaré celui qui souhaite pourtant devenir le garant des institutions et « veiller au respect de la Constitution ».