Les Grammy Awards s’expliquent sur la présence de Marilyn Manson dans la liste des nommés

POLEMIQUE Le rockeur est accusé par plusieurs femmes de violences sexuelles

Caroline Madjar (Cover Media)
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Le rockeur Marilyn Manson
Le rockeur Marilyn Manson — Media Punch/INSTARimages.com

A chaque cérémonie des Grammy Awards son lot de polémiques. Cette année, c’est la présence de Marilyn Manson qui scandalise une partie du public. Le rockeur a participé au dernier disque de Kanye West, Donda, et se retrouve nommé dans la catégorie Album de l’année. Le titre Jail du rappeur sur lequel il chante est également en lice pour la Meilleure chanson rap de l’année.

Problème : Marilyn Manson est accusé par plusieurs femmes de violences sexuelles et morales. Quatre d’entre elles ont porté plainte et les affaires sont en cours. L’interprète de Personal Jesus n’est pas le seul accusé de mauvais comportements à être célébré par la Recording Academy :  Louis CK est nommé dans la catégorie Meilleur album de comédie pour Sincerely Louis CK. Il avait notamment été accusé de s’être masturbé devant des femmes sans y avoir été invité. « Ces histoires sont vraies », avait-il reconnu en 2017.

L’homme vs l’artiste

Le casse-tête auquel ont déjà été confrontées bon nombre de cérémonies se pose donc à nouveau : doit-on séparer l’homme de l’artiste ? Pour la Recording Academy, la réponse est oui. « Nous n’allons pas imposer des restrictions sur qui peut ou non soumettre son travail. Nous n’allons pas regarder le passif des gens et leur casier judiciaire. Nous prenons en compte uniquement ce qui est dans notre règlement », a déclaré Harvey Mason Jr., le PDG de la société organisatrice des Grammy Awards, à The Wrap.

Selon le règlement de la cérémonie, sont essentiellement pris en compte, pour être éligible, la date de commercialisation d’une œuvre et sa soumission dans les temps à l’organisme qui décidera, après un vote, de la nommer ou pas. « Ce que nous contrôlons, ce sont nos scènes, nos shows, nos événements, nos tapis rouges. Nous nous intéressons à quiconque nous demande de participer, être dans le public, et nous prenons notre décision à ce moment-là. Mais nous n’allons pas commencer à empêcher les gens de soumettre leur travail », ajoute le PDG.

Le libre-arbitre est donc laissé aux votants de choisir les artistes et œuvres nommées. Les personnes habilitées à mettre un bulletin dans l’urne sont les 1.200 membres de la Recording Academy, soit les artistes, ingénieurs du son, auteurs, compositeurs ou encore producteurs de musique.