Le ghostwriter de Mick Jagger raconte pourquoi l’autobiographie n’est jamais sortie

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20 Minutes avec agences
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Le rocker Mick Jagger
Le rocker Mick Jagger — Carsten Rehder/picture-alliance/Cover Images

Barry Coleman se souvient encore très bien de ce jour de 1983 où l’éditeur de la maison Weidenfeld & Nicolson l’a appelé en urgence. Pour l’écrivain et ghostwriter, l’appel n’avait rien de rassurant. « Clairement, quelque chose avait tourné horriblement mal », a-t-il raconté lors d’un entretien accordé au Guardian. Et effectivement, le problème était de taille. L’éditeur avait versé 1 million de dollars à Mick Jagger pour une autobiographie qui n’avançait pas d’un pouce.

Et pour ne rien arranger, Barry Coleman prenait le relais d’un collègue pourtant respecté qui avait jeté l’éponge. « Ils m’ont dit : “Vous êtes la seule personne que nous connaissons qui peut faire ça”. Alors, de manière assez surréaliste, je suis devenu le ghostwriter du ghostwriter de Mick Jagger », a-t-il expliqué. Mais très vite, l’écrivain s’est rendu compte que le leader des Rolling Stones n’avait tout simplement aucune envie de faire aboutir le projet.

Garder la légende intacte

« Nous avons eu une conversation, puis il a cessé de répondre à mes appels. Puis les éditeurs m’ont dit qu’ils avaient maintenant un accord pour le marché américain, mais qu’ils avaient besoin du livre fini dans les deux semaines ou l’accord était annulé », a poursuivi Barry Coleman qui, à ce moment-là, avait tout juste deux chapitres présentables et « un tas de retranscriptions d’entretiens » désordonné. « On avait beaucoup discuté pour savoir s’il voulait toujours aller de l’avant ou si on pouvait le refaire, mais différemment. Il ne voulait tout simplement pas le faire. Je pense qu’il a respecté son public en refusant de lui donner quelque chose d’ordinaire à propos d’une vie extraordinaire… D’une certaine manière, cela vous en dit plus sur Mick que tout ce qui aurait pu sortir dans un livre médiocre », a conclu l’auteur.

Au final Barry Coleman a démissionné et Mick Jagger a coupé court au projet en remboursant le million de dollars d’à-valoir que lui avait versé l’éditeur.

Aujourd’hui plus que jamais, la perspective d’une autobiographie de Mick Jagger reste un fantasme pour de nombreux éditeurs, d’autant plus après le succès de celle de Keith Richards parue en 2010. Malheureusement, l’infatigable rocker de 77 ans semble bien décidé à emporter ses secrets dans sa tombe. Les légendes entretiennent les fantasmes quand les chroniques prennent la poussière sur les étagères. Il faut croire que la vie de Mick Jagger restera dans la première catégorie.