« Framing Britney Spears » : Le documentaire peut-il aider à #FreeBritney pour de bon ?

LIBEREE Produit par le « New York Times » et disponible sur Prime Video, le documentaire retrace l’ascension et la chute de la pop star et met en lumière le mouvement de soutien par ses fans depuis sa mise sous tutelle en 2008

Carla Loridan

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Manifestation de soutien à Britney Spears le 17 mars 2021 à Los Angeles
Manifestation de soutien à Britney Spears le 17 mars 2021 à Los Angeles — David Buchan/Shutterstock/SIPA

Plusieurs dizaines de personnes se sont réunies, le 17 mars 2021, devant la cour Suprême de Los Angeles, où se déroulait une audience réunissant les membres de la famille Spears. Tous arboraient avec ferveur leurs pancartes et tee-shirts estampillés « #FreeBritney » afin de réclamer la « libération » de leur idole, placée sous la tutelle de son père, James Spears en 2008 à la suite de troubles psychologiques.

Depuis plus de dix ans, ces justiciers autoproclamés regroupés derrière un hashtag tentent d’éclaircir les zones d’ombre qui planent autour de l’emprise exercée par son père sur Britney Spears. À 39 ans, la chanteuse n’a pas le droit de sortir, ni d’effectuer des achats, ni de se marier, ni d’avoir des enfants ou d’acheter une maison sans l’accord de son géniteur.

A ses débuts le mouvement #FreeBritney était composé principalement de fans accusant James Spears de tenir sa fille en otage et de profiter de sa fortune. Mais la sortie du documentaire Framing Britney Spears, désormais disponible sur Amazon Prime Vidéo, réalisé par Samantha Stark, a permis de remettre le sujet du placement sous tutelle sur le devant de la scène et d’en faire une cause sérieuse à défendre qui va au-delà de la simple admiration pour la musique de Britney.

Une traque aux indices

En 2019 déjà, le mouvement #FreeBritney avait connu une résurgence sur les réseaux sociaux lorsque l’interprète de Baby One More Time annonçait l’annulation d’une série de concerts à Las Vegas avant d’être admise dans un établissement psychiatrique, « contre son gré », selon un témoignage diffusé par le podcast Britney’s Gram consacré au compte Instagram de Britney Spears.

Dès lors, les fans apprennent la nouvelle et se mobilisent sur les réseaux sociaux, seul endroit où la chanteuse est accessible. À l’image de l’affaire Marina Joyce, youtubeuse soupçonnée d’être prise en otage chez elle, des commentaires émergent sous les publications Tiktok et Instagram de la pop star. Ses soutiens tentent de décrypter les messages codés, émojis et autres tenues perçus comme autant d’appels au secours. « Britney si tu es en danger, habille-toi en jaune dans ton prochain post », réclamait un internaute. Et quelques jours plus tard, Britney Spears publiait un message Tiktok où on la voit vêtue… d’un haut jaune à fleurs. Dans cette traque aux indices, qui va parfois très loin, tout est sujet à interprétation.

Soutiens et excuses

Fin mars, la pop star qui ne s’est jamais exprimée directement sur l’affaire a réagi au documentaire Framing Britney Spears : « Je ne l’ai pas regardé mais d’après ce que j’en ai vu, j’ai été gênée… J’ai pleuré pendant deux semaines et je pleure encore parfois ! » avait-elle écrit dans un post Instagram.

Depuis la diffusion du documentaire aux États-Unis, des stars comme Sarah Jessica Parker, Bette Midler, Courtney Love ou Miley Cyrus ont pris la parole pour exprimer leur soutien. Des élus de Californie et le député trumpiste de Floride Matt Gaetz ont également appelé à réformer le système de tutelle aux États-Unis. Le chanteur Justin Timberlake, ancien compagnon de la chanteuse de 1998 à 2002, interpellé par les fans suite au documentaire a également présenté ses excuses à Britney Spears dans un post Instagram : « Je suis profondément désolé pour les moments de ma vie où mes actions ont contribué au problème, où j’ai parlé sans réfléchir ou n’ai pas défendu ce qui était juste. »