Nick Cannon préfère la « conseil culture » à la « cancel culture »

WORK IN PROGRESS Le rappeur Nick Cannon, épinglé l’an dernier pour des propos antisémites, s’est depuis rapproché de leaders de la communauté juive pour « apprendre » et « grandir »  

A.L.
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Le rappeur Nick Cannon en juillet 2020.
Le rappeur Nick Cannon en juillet 2020. — Dennis Van Tine/STAR MAX/IPx/AP/SIPA

C’est l’histoire d’un homme qui a tenu des propos antisémites, ayant heurté la communauté juive. Mais qui a fait des efforts, de nombreux efforts pour comprendre. Et qui réclame aujourd’hui pour l’aider encore à progresser plus de « conseil culture », et moins de « cancel culture », une pratique dont l’existence est controversée et aux contours flous, aussi appelée « culture de l’annulation », consistant à mettre à l’index et à faire sanctionner celles et ceux qui tiennent des propos sexistes, homophobes ou discriminatoires. Cet homme, c’est Nick Cannon, rappeur, acteur et animateur radio - et accessoirement aussi ex-mari de la chanteuse de Mariah Carey. Il s’exprimait mardi dans la mini-série d’ABC, Soul of a Nation, comme l’a repéré le Los Angeles Times.

En juin 2020, dans son podcast Cannon’s Class, Nick Cannon a expliqué que les Afro-Américains étaient les « vrais Hébreux » et que les juifs avaient usurpé cette identité. Il a aussi récusé l’idée que les discours contre les juifs puissent être qualifiés d’antisémites. Il a également fait l’éloge du leader antisémite de la Nation of Islam, Louis Farrakhan, et repris des théories conspirationnistes concernant les Rothschild ou le système bancaire qui serait contrôlé par les juifs.

« J’ai honte d’avoir dit ces mots »

Ces propos ont suscité de nombreuses et vives critiques outre-Atlantique, qui ont amené la société avec laquelle il travaillait depuis une vingtaine d’années, ViacomCBS (qui possède notamment la chaîne MTV), à le licencier.

Dans un premier temps, Nick Cannon a rejeté ces critiques, mais quelques jours plus tard, il a présenté ses excuses : « Tout d’abord, j’aimerais présenter mes plus sincères excuses à mes frères et sœurs juifs pour les mots durs qui sont sortis de ma bouche durant mon interview avec Richard Griffin. Ils ont renforcé les pires stéréotypes d’un peuple fier et magnifique et j’ai honte d’avoir dit ces mots. »

« Je cherche à grandir »

Par la suite, Nick Cannon a noué des liens avec des leaders de la communauté juive, notamment de l’American Jewish Committee (AJC), pour « apprendre », affirme-t-il. Il a expliqué avoir réalisé à quel point des remarques similaires à celles qu’il a tenues, avaient été « utilisées pour faire de la propagande pendant la Shoah ». Il a également lu et commenté sur Instagram le livre de l’ancienne journaliste du New York Times, Bari Weiss, Comment combattre l’antisémitisme.

Après ces efforts, Nick Cannon a été réintégré par MTV le mois dernier. Certains et certaines diront que ces efforts sont intéressés, et que ses excuses ne sont pas sincères, le rappeur n’en a cure, et ne compte pas s’arrêter là, déclare-t-il dans Soul of a Nation. « Je ne recherche pas le pardon, je cherche à grandir […]. Mon voyage ne va pas s’arrêter si les gens qui regardent cela me pardonnent, a-t-il dit à la journaliste Linsey Davis. J’espère bien continuer ce processus, continuer à être du bon côté de l’histoire, et essayer de rapprocher les gens. »