Jean-Pierre Bacri, le râleur préféré du cinéma français, est mort à l'âge de 69 ans

DECES Le comédien est mort à l'âge de 69 ans des suites d'un cancer

V. J. avec AFP

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Jean-Pierre Bacri lors de la cérémonie des César 2018
Jean-Pierre Bacri lors de la cérémonie des César 2018 — NIVIERE/VILLARD/SIPA

Connu pour ses vrais faux coups de gueule et pour son duo artistique avec Agnès Jaoui, le comédien Jean-Pierre Bacri, également scénariste et dramaturge, est mort des suites d’un cancer, a indiqué son agente Anne Alvares-Correa. Il avait 69 ans. Le grand public se rappelle de lui dans des comédies comme Cuisines et dépendances, Le Goût des autres, On connaît la chanson, Didier ou encore Le sens de la fête.

Second rôle chez les plus grands

Né le 24 mai 1951 à Castiglione, en Algérie, Jean-Pierre Bacri découvre le 7e Art avec son père, facteur, qui travaillait le week-end dans le cinéma de la ville. En 1962, la famille émigre à Cannes, où Jean-Pierre Bacri entreprend des études de lettres. Puis Jean-Pierre monte à Paris et débute dans le métier avec le Cours Simon et l’écriture de ses premières pièces, tout en gagnant sa vie comme placeur à l’Olympia.

En 1977, il écrit sa première pièce, Tout simplement, vite suivie de trois autres. Parallèlement, Jean-Pierre Bacri décroche de petits rôles à la télévision et sur les planches. En 1982, son personnage de proxénète dans Le Grand Pardon d’Alexandre Arcady le fait connaître du grand public, suivi deux ans plus tard d’une nomination aux César comme meilleur acteur dans un second rôle pour son personnage de flic dépassé et taciturne dans Subway de Luc Besson. Les années 1980 le voient ainsi jouer les seconds rôles chez les plus grands, Claude Lelouch, Claude Pinoteau, Jean-Pierre Mocky, Yves Robert, Yves Boisset… Il tient même le premier rôle du thriller méconnu mais culte Mort un dimanche de pluie de Joël Santoni en 1986.

Un duo gagnant avec Agnès Jaoui

Mais la consécration vient de son duo avec Agnès Jaoui qu’il rencontre en 1987 au théâtre dans L’anniversaire de Pinter. Ensemble, ils écrivent Cuisines et dépendances et Un air de famille pour le théâtre, deux pièces qu’ils transposent ensuite au cinéma, respectivement pour Philippe Muyl et Cédric Klapisch. Un air de famille leur vaut d’ailleurs leur premier César du meilleur scénario en 1997 (ils en auront quatre en tout). Dès lors, Jean-Pierre Bacri devient le parfait et adorable râleur dans des films incontournables comme Didier d’Alain Chabat ou On connaît la chanson d’Alain Resnais, pour lequel il décroche le César du meilleur acteur dans un second rôle.

Avec Agnès Jaoui, avec qui il sera en couple jusqu’en 2012, il a également coécrit Smoking/No Smoking, Le Goût des autres, Comme une image, Parlez-moi de la pluie, Au bout du conte et Place publique en 2018. Ces dernières années, les spectateurs et spectatrices ont pu le voir dans La Vie très privée de Monsieur Sim de Michel Leclerc, Le Sens de la fête d’Olivier Nakache et Eric Toledano ou encore Santa & Cie d’Alain Chabat. Le voir râler avait quelque chose d’exaltant, comme le prouvent les nombreuses compiles et best of sur Internet, même s’il détestait qu’on lui colle « cette étiquette » : « Je ne joue pas toujours des personnages râleurs ! », s’était-il emporté à l’AFP en 2015.

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