Christophe Ruggia nie toute agression envers Adèle Haenel, mais reconnaît une « erreur » et demande pardon

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES Le réalisateur accusé d'« attouchements » et de « harcèlement sexuel » a envoyé un droit de réponse à Mediapart

20 Minutes avec AFP

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Le réalisateur Christophe Ruggia, en 2011.
Le réalisateur Christophe Ruggia, en 2011. — LAMACHERE AURELIE/SIPA

Le réalisateur Christophe Ruggia nie toute agression dont l’accuse l’actrice Adèle Haenel, mais dit mercredi avoir « commis l’erreur de jouer les pygmalions avec les malentendus et les entraves qu’une telle posture suscite », dans un droit de réponse à Mediapart. « Je n’avais pas vu que mon adulation et les espoirs que je plaçais en elle avaient pu lui apparaître, compte tenu de son jeune âge, comme pénibles à certains moments. Si c’est le cas et si elle le peut je lui demande de me pardonner », écrit-il.

« Mon exclusion sociale est en cours »

Le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête préliminaire pour, notamment, le chef d'« agressions sexuelles » sur mineure de moins de 15 ans. « Mon exclusion sociale est en cours et je ne peux rien faire pour y échapper, déplore le cinéaste. Le Moyen-Âge avait inventé la peine du pilori mais c’était la sanction d’un coupable qui avait été condamné par la justice. Maintenant, on dresse, hors de tout procès, des piloris médiatiques tout autant crucifiant et douloureux. »

L’actrice française de 30 ans, récompensée par deux César, a mis en cause le réalisateur Christophe Ruggia, avec qui elle a tourné à l’âge de 13 ans son premier film, Les Diables, dans une enquête publiée dimanche par Mediapart puis dans une interview filmée le lendemain. La comédienne n’a cependant pas souhaité porter plainte, regrettant le « peu » de condamnations prononcées dans ce type d’affaire. Malgré l’absence de plainte, le parquet de Paris avait la possibilité de s’auto-saisir de l’affaire dans le cadre d’une « enquête d’initiative ».