Strasbourg : Opération canapé pour les étudiants sans logement

CLIC-CLAC L’opération d’hébergement provisoire pour aider les étudiants qui n’ont pas de quoi se loger avant la rentrée à Strasbourg est un succès à sens unique. Car si la demande est forte, l'offre pour un accueil est très limitée

Angélique Férat

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A Strasbourg, certains étudiants cherchent encore un logement. (Illustration)
A Strasbourg, certains étudiants cherchent encore un logement. (Illustration) — Pixabay
  • Nicolas a proposé d’accueillir un étudiant sur son canapé. « J’ai eu sept demandes. J’ai déjà des demandes pour après son départ ! »
  • A Strasbourg, le loyer moyen pour un logement étudiant est de 460 euros par mois, c’est quarante euros de plus que l’année dernière, selon l’Afges.

Cherche canapé pour étudiant. Une association étudiante de Strasbourg fait le tour des amphithéâtres de l'université pour faire connaître son opération d’hébergement temporaire. L’idée est simple, trouver des volontaires pour accueillir gratuitement quelques jours un étudiant, le temps qu’il règle son problème de logement. Et ça marche très bien dans un sens : l’association croule sous les demandes mais elle peine à collecter des offres.

Jean-Valentin Foury, le président de l’Afges (association fédérative générale des étudiants de Strasbourg) s’énerve : « J’avais 21 personnes à placer lundi et je n’y suis pas arrivé. Tout le monde nous dit que cette opération est super mais personne ne veut d’un étudiant sur son canapé-lit. On manque cruellement d’hébergeurs ! »

Comme à chaque rentrée universitaire à Strasbourg, les 80.000 étudiants s’arrachent les cheveux pour trouver un toit. La pénurie est telle que la Ville de Strasbourg, le Crous et l’Afges ont lancé deux opérations parallèles.

« Une coloc, une famille d’accueil, j’accepte tout »

La Ville de Strasbourg a carrément fait un appel à la solidarité en s’appuyant sur La carte des Colocs. Le site Internet a permis à Alfonso de trouver un hébergement quand le Crous lui a annoncé lundi qu’il n’avait aucune chambre de libre. C’est sur le canapé de Nicolas Klein qu’il a dormi. « J’ai mis mon annonce lundi, explique Nicolas, et j’ai eu sept demandes. J’ai déjà des demandes pour après son départ ! » Le Strasbourgeois a joué la solidarité tout simplement parce que l’année dernière il a mis un mois à trouver son appartement. Alfonso poursuit lui sa recherche : « Une coloc, une famille d’accueil, j’accepte tout ! Je voulais louer un appartement mais c’est complet partout, ou ce qui reste est cher. »

Si l’étudiant a pu trouver un lit pour l’instant, seules 25 propositions d’hébergement apparaissent sur La Carte des colocs. Ada Reichhart, conseillère municipale en charge de la vie étudiante, insiste sur le fait que c’est une première à Strasbourg. « On ne savait pas à quoi s’attendre. C’est véritablement une expérimentation. La période critique, c’est septembre, après des jeunes quittent les cités universitaires pour le privé ou vont dans une autre ville et des places se libèrent. »

A Strasbourg, le loyer moyen pour un logement étudiant est de 460 euros par mois, c’est quarante euros de plus que l’année dernière, selon l’Afges.