«Gilets jaunes»: Bernard Lavilliers reproche au mouvement de «virer au poujadisme»

TROP LOIN Le chanteur dénonce le « poujadisme » des « gilets jaunes », qui, selon lui, mènera au Front national

C.B.

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Bernard Lavilliers montre la sortie aux «gilets jaunes».
Bernard Lavilliers montre la sortie aux «gilets jaunes». — SADAKA EDMOND/SIPA

Les « gilets jaunes » et lui, c’est fini. Dans une interview accordée à Paris Match, Bernard Lavilliers s’est confié sur son rapport aux manifestants qui, depuis 23 semaines, expriment leur mécontentement face à la politique d' Emmanuel Macron. « Au début, j’ai signé derrière eux. Mais là, ça vire au poujadisme. Et on sait où le poujadisme mène : au Front national. » Un constat qui va à l’encontre des idées politiques du chanteur.

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Avec les ouvriers de Ford.

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« Je n’ai jamais soutenu qui que ce soit, précise l’artiste. Je chante dans les usines, c’est tout. Je suis un anarchiste, je suis du côté des syndicats. Jamais tu ne me verras du côté des hommes politiques. » Il ajoute : « Ce qui compte, c’est d’être du côté du peuple. Je tiens ça de mon père. Jusqu’à sa mort, il y a deux ans, il a été fier de moi. Parce que, disait-il, on était l’un et l’autre du "bon côté". Encore une fois, nous n’avons jamais oublié qui nous étions. Beaucoup, dans ce métier, se sont perdus dans les illusions du succès. »

« A part lui, je ne vois aucune autre alternative »

Celui qui penchait auparavant pour Jean-Luc Mélenchon a revu sa copie, déclarant « plutôt bien aimer Macron, même s’il est entouré d’une bande de stagiaires. Mais à part lui, je ne vois aucune autre alternative. »

Le chanteur a bien changé d’état d’esprit depuis l’interview qu’il avait donnée en novembre sur Europe 1, dans laquelle il avait estimé que les « gilets jaunes » étaient « un vrai mouvement social parti de la base » et qualifié Macron d'« amateur » qui aurait dû « attendre dix ans » avant d’arriver au pouvoir.