Scandale des admissions universitaires: Quels sont les faits reprochés aux inculpés, et que risquent-ils?

ETATS-UNIS Au total, 13 parents, dont Felicity Huffman, parmi les 33 inculpés de corruption, ont accepté de plaider coupable dans ce dossier très médiatique

C.W. avec AFP

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Des stars américaines risquent la prison pour avoir versé des pots-de-vin pour faciliter l'entrée de leurs enfants dans des universités prestigieuses américaines.
Des stars américaines risquent la prison pour avoir versé des pots-de-vin pour faciliter l'entrée de leurs enfants dans des universités prestigieuses américaines. — Carlos Osorio/AP/SIPA
  • L’actrice américaine Felicity Huffman va plaider coupable d’avoir versé des pots-de-vin pour faciliter l’entrée de sa fille dans une université prestigieuse.
  • Que reproche-t-on à l’actrice, et aux 32 autres inculpés dans ce dossier très médiatique ?

Une magouille qui pourrait coûter cher. Felicity Huffman, et 32 autres inculpés de corruption, sont accusés d’avoir versé des pots-de-vin pour faciliter l’entrée de leurs enfants dans de prestigieuses universités américaines. Lundi, le procureur fédéral de Boston, Andrew Lelling, a annoncé que treize d’entre eux, dont l’actrice connue pour son rôle dans Desperate Housewives, avaient décidé de plaider coupable, ce qui pourrait notamment permettre d’éviter un procès retentissant.

Mais que leur reproche exactement la justice américaine ? En quoi consiste cette organisation criminelle ? 20 Minutes fait le point sur ce scandale des admissions universitaires, très médiatisé aux Etats-Unis.

Que reproche-t-on aux 33 inculpés de corruption de cette affaire ?

D’avoir payé une organisation intermédiaire pour faciliter l’entrée de leurs enfants dans des universités prestigieuses, telles que Yale, UCLA ou encore Georgetown. Les inculpés auraient versé des sommes allant jusqu’à 6.5 millions de dollars à une fondation pour que les résultats d’examen des étudiants soient falsifiés. Selon les enquêteurs, outre les falsifications d’examens standards obligatoires, l’organisation criminelle s’était également entendue avec des entraîneurs sportifs universitaires qui désignaient le fils ou la fille d’un client de l’organisation comme une recrue potentielle pour son équipe, ce qui augmentait ses chances d’intégrer l’université.

Qui est à la tête de cette organisation ?

William Singer, l’ancien patron de cette société spécialisée dans la préparation aux examens, avait mis sur pied un système bien rodé, de la triche aux examens jusqu’à la corruption d’entraîneurs sportifs universitaires, qui plaidaient pour l’entrée des candidats dont on leur soumettait le nom. Mis en cause dans cette affaire, il a été inculpé de quatre chefs d’accusation différents, dont extorsion et blanchiment.

Qui sont les inculpés ?

Au total, 33 personnes ont été inculpées de corruption. La liste des parents comprend de nombreuses personnalités du monde de la finance, de l’immobilier ou du droit, notamment le financier Bruce Isackson ou le promoteur Robert Flaxman. Les accusés les plus médiatisés de cette affaire sont deux comédiennes, Felicity Huffman (Desperate Housewives) et Lori Loughlin (La fête à la maison). Accusée d’avoir versé 15.000 dollars à la fondation de William Singer pour sa fille, la première a décidé de plaider coupable lundi d’association de malfaiteurs en vue de transférer des fonds dans un but frauduleux. Quant à Lori Loughlin, dont la décision n’est pas encore connue, son mari et elle auraient payé 500.000 dollars en 2016 et 2017, rapporte le site de Paris Match. Ils auraient versé cette somme afin que leurs deux filles soient présentées comme des athlètes d’aviron à haut niveau, et qu’elles intègrent l’Université de Californie du Sud (USC).

Que risquent-ils ?

Parmi les 33 inculpés de corruption, 13 parents ont décidé de plaider coupable, un chef d’accusation passible de 20 ans de prison et d’une amende de 250.000 dollars. Comme l’explique l’AFP, cette démarche pourrait éviter un procès et valoir des peines réduites, car la reconnaissance de culpabilité est d’une importance majeure dans le système judiciaire américain.

Qui était au courant ?

Pas la fille de Felicity Huffman, visiblement. « J’ai honte de la douleur que j’ai causé à ma fille (qui n’était pas au courant), ma famille, mes amis, mes collègues et au monde éducatif », a dit la comédienne dans une déclaration transmise à l’AFP. « Je veux m’excuser auprès d’eux et, tout particulièrement, auprès des étudiants qui travaillent dur tous les jours pour entrer à l’université, et de leurs parents qui font d’immenses sacrifices pour les soutenir, avec honnêteté », a-t-elle ajouté. Et quid des universités ? Comme l’expliquait un article du Temps en mars dernier, si les directions des établissements n’ont pas été visées pour le moment, certaines ont décidé de mener des enquêtes internes, de nombreux entraîneurs sportifs étant impliqués dans cette affaire. La prestigieuse USC a notamment décidé de licencier deux responsables sportifs, et a commencé à revoir l’admission des étudiants mis en cause. Car au-delà des retentissements médiatiques, ce scandale met en lumière les failles du système universitaire américain, connu pour son ultra-sélectivité et ses frais de scolarité exorbitants.