George Clooney lors d'une conférence de presse en février 2019.
George Clooney lors d'une conférence de presse en février 2019. — David Buchan/Variety/REX/Shutterstock/SIPA

ENGAGEMENT

George Clooney appelle à boycotter des palaces parisiens pour protester contre le sultan de Brunei

L'acteur américain a publié jeudi une lettre ouverte dans laquelle il appelle à agir contre l'entrée en vigueur de la peine de mort pour homosexualité et adultère à Brunei

George Clooney tire le signal d’alarme. Le 3 avril, l’homosexualité et l’adultère seront passibles de la peine de mort par lapidation à Brunei. Ce jour-là, un nouveau Code pénal inspiré par la charia entrera en vigueur dans ce sultanat situé sur l’île de Bornéo, en Asie.

Une perspective qui incite l’acteur et réalisateur américain à se mobiliser. Dans une lettre ouverte publiée ce jeudi sur Deadline, il rappelle que le sultan de Brunei, Hassanal Bolkiah, qui règne sur le pays depuis 1967, détient l’Agence d’investissement de Brunei propriétaire de plusieurs hôtels de luxe dans le monde.

Le Plaza Athénée et Le Meurice à Paris

Il y a deux ans, deux de ces établissements, le Bel-Air et le Beverly Hills Hotel, situés à Los Angeles, avaient fait l’objet d’un boycott​ suivi par de nombreuses personnalités, dont George Clooney, d’entreprises et de particuliers. « Mais comme pour toutes les bonnes intentions, quand la flamme de l’indignation se déplace vers des centaines d’autres raisons de s’indigner, la vigilance s’est et peu à peu estompée et ces hôtels ont retrouvé le cours de leur business. »

L’Agence d’investissement de Brunei compte sur cet essoufflement poursuit la star dans sa lettre. « Elle détient neuf des plus grands hôtels du monde. Je ne m’en cache pas : j’ai séjourné dans plusieurs d’entre eux récemment, parce que je n’ai pas fait mes devoirs et j’ignorais à qui ils appartenaient. »

Parmi les hôtels concernés, outre les deux de Los Angeles cités plus haut, deux se trouvent à Paris : Le Plaza Athénée et Le Meurice. Trois autres sont au Royaume-Uni (Le Dorchester et le 45 Park Lane de Londres et le Coworth Park) et les deux restants sont italiens (L’Eden à Rome et le Principe di Savoia à Milan).

« Allons-nous vraiment aider à financer le meurtre de centaines d’innocents ? »

« Ce sont de beaux hôtels. Les personnes qui y travaillent sont agréables et serviables et n’ont rien à voir avec ceux qui détiennent ces établissements. Mais, disons-le clairement, à chaque fois que l’on séjourne, dîne ou assure un rendez-vous dans l’un de ces neuf hôtels, nous versons notre argent directement dans les poches de ceux qui ont décidé de lapider et de flageller à mort leurs concitoyens en raison de leur homosexualité ou parce qu’ils sont accusés d’adultère », écrit George Clooney.

« Brunei est une monarchie et un boycott ne sera sans doute pas efficace pour faire changer ces lois, poursuit l’acteur. Mais allons-nous vraiment contribuer en payant à ces violations des droits humains ? Allons nous vraiment aider à financer le meurtre de centaines d’innocents ? », interroge l’acteur.

« A force d’avoir affaire à des régimes meurtriers, j’ai appris qu’il est impossible de leur faire honte. Mais vous pouvez couvrir d’opprobre [« you can shame », « vous pouvez faire honte »] les banques, les financiers et les institutions qui font affaire avec eux et préfèrent regarder ailleurs », poursuit George Clooney qui conclut : « Il ne tient qu’à chacun de nous de décider quoi faire ».

Sera-t-il entendu ? Pour l’heure, parmi les personnalités ayant relayé son appel, figure l’autrice franco-britannique Tatiana de Rosnay.