Miss France 2019: Qui de Sylvie Tellier ou Xavier de Fontenay a le plus modernisé le concours?

COMPETITION Si les relations entre Miss France et Geneviève de Fontenay sont au beau fixe, c'est sans compter sur le fils de la dame au chapeau qui ne veut pas être oublié...

Claire Barrois

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Xavier de Fontenay revendique la modernisation de Miss France avant l'arrivée de Sylvie Tellier.
Xavier de Fontenay revendique la modernisation de Miss France avant l'arrivée de Sylvie Tellier. — BENHAMOU / JP PARIENTE/SIPA
  • A la conférence de présentation de Miss France 2019, le concours était déclaré comme « ancré dans la modernité ».
  • « 20 Minutes » a voulu savoir en quoi il était moderne.
  • Nous avons comparé les évolutions du spectacle apportées par l’ancienne et la nouvelle équipe.

Une interview de Sylvie Tellier publiée, et c’est Xavier de Fontenay qui vous contacte*. Cette année, l’élection de Miss France a été vantée comme un concours « ancré dans la modernité ». Celui qui regrette de ne pas avoir mis dans les accords de la vente de l’émission à Endemol « une émission conçue par Geneviève et Xavier de Fontenay » ne comptait pas laisser tous les lauriers à la directrice générale de Miss France. Nous avons donc cherché à savoir, grâce à des interviews réalisées en avril, lequel des deux avait donné un vrai coup de jeune à l’élection.

« Dans l’esprit collectif, le départ de Geneviève de Fontenay était synonyme de modernité, même si je me suis "fontenayisée", estime Sylvie Tellier. Ça n’était donc pas une mauvaise chose. Quand elle est partie, les journalistes me disaient : "Dans six mois, ton concours est mort." Je savais que non, que j’avais Miss France, des jeunes femmes qui représentent la jeune génération. » Et cette jeune génération a, selon Miss France 2002, la chance de profiter de l’organisation Miss France, qui profite de l’investissement d’Endemol dans la marque.

« A mon époque, on passait son année seule avec Geneviève »

« Etre Miss en 2018, ça n’a rien à voir avec être Miss en 2002, soutient Sylvie Tellier. A mon époque, on passait son année seule avec Geneviève. Elle conduisait la voiture, son meilleur ami était son fax… Pour des conseils de style, je ne savais pas vers qui me tourner. On faisait avec les moyens du bord. Je ne mesure qu’1,72 m et avant moi c’était Sophie Thalmann et Elodie Gossuin, qui sont très grandes, du coup je devais me débrouiller pour faire des ourlets moi-même sur les robes qu’on avait. »

Elle ajoute : « Aujourd’hui, les Miss ont toute une équipe : un chauffeur, un maquilleur, une styliste, un attaché de presse, une nounou… Elles ne s’en rendent pas compte, mais à l’époque, les journalistes m’appelaient sur mon portable pour demander des interviews ! Désormais, nous sommes cinq à travailler avec la Miss, plus deux personnes qui s’occupent de la reconversion. »

Une réalité qui ne correspond pas aux souvenirs de Xavier de Fontenay : « A l’époque, la Miss avait des couturiers, des créateurs, tout un tas de gens qui s’occupaient d’elle. J’avais un secrétaire qui faisait son planning. Elle n’avait pas de salaire, mais un intéressement. Elle touchait plus que maintenant d’ailleurs. Elle avait des gardes du corps, un chauffeur, rien n’était improvisé ! »

« Tout était très organisé »

« Tout a grandi en même temps et était très organisé, poursuit le fils de Geneviève de Fontenay. La Miss avait un studio à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Lorsque j’ai vendu l’entreprise, j’étais en train de créer une société pour m’occuper des anciennes Miss. D’ailleurs je me demande si ce que fait Sylvie Tellier est légal. Normalement, il est interdit d’être producteur et manager. » Des allégations qui ne correspondent pas au rôle réel de la directrice générale de Miss France, également directrice générale de Talent Lab.

« On a réussi à créer un accompagnement pendant et après le règne, à créer une stabilité financière, un avenir. Je trouve le résultat pas si mal, explique Sylvie Tellier. Je voulais changer les choses, mettre en place une famille, rassembler les Miss. Par exemple, le voyage d’intégration, je l’ai créé pour que les filles partagent leurs expériences. Il y a une chose qui les réunit, c’est d’avoir été Miss France et personne d’autre ne sait ce que c’est. »

« Le concours doit ressembler aux jeunes filles dans la rue »

Un point pour Sylvie Tellier donc, qui a permis aux Miss d’envisager l’avenir plus sereinement. Mais en ce qui concerne l’élection en elle-même ? « L’introduction du maillot deux pièces, c’est la première chose que j’ai faite, souligne-t-elle. Le concours doit ressembler aux jeunes filles dans la rue, et on n’en voyait aucune en une pièce à la plage… L’année dernière, on a introduit la robe courte devant, et je ne suis pas sûre qu’il reste beaucoup de choses à changer. On évolue avec la mode. »

Et c’est justement ce que lui reproche Xavier de Fontenay, d’en rajouter sur une évolution qu’il avait lui même entamée. « La modernité ne veut rien dire, l’émission a une progression naturelle avec les années, explique le créateur de la Société Miss France. Ils n’ont pas beaucoup modifié l’organisation de l’émission. Le voyage par exemple, c’est une idée que j’ai eue en 1994 quand l’émission était encore sur France 3. »

« J’aimais dépenser, laisser de bons souvenirs aux concurrentes »

Et de déplorer que « la volonté d’Endemol, c’est de faire une grosse audience. Quand j’ai commencé en 1982, j’avais cent fois moins d’argent pour faire cette émission, estime Xavier de Fontenay. J’aimais dépenser, laisser de bons souvenirs aux concurrentes. Eux dépensent le moins possible pour que ça rapporte. Elles étaient reçues comme des reines. En 2005 à Tours, j’avais prévu le château d’Artigny, elles ont fini dans un deux-étoiles. »

Et de nous glisser qu’aujourd’hui, une dizaine de personnes font le travail qu’il faisait seul, dans l’ombre, à son époque. Une information démentit par Sylvie Tellier qui compte sept personnes à travailler, toute l’année, autour de Miss France : « Il n’y a pas d’autre émission comme ça, une émission sur laquelle on bosse une année entière pour un seul prime. Ça n’existe pas ! »

Et finalement, peu importe à qui l’on doit notre meilleur plaisir coupable de la mi-décembre, « modernisé » peut-être, mais toujours délicieusement ringard.

*En avril, nous publiions deux interviews de Sylvie Tellier après lesquelles Xavier de Fontenay avait demandé à nous rencontrer.