Miss France 2019: A quoi sert le voyage des trente prétendantes à la couronne?

REPORTAGE Les trente miss régionales sont arrivées mercredi à l'Ile Maurice où elles ont entamé leur préparation pour l'élection qui aura lieu le 15 décembre à Lille...

De notre envoyée spéciale à l'Ile Maurice, Claire Barrois
— 
Miss Franche-Comté, miss Provence, miss Côte-d'Azur et miss Picardie trinquent avec leur cocktail de bienvenue à l'hôtel Dinarobin.
Miss Franche-Comté, miss Provence, miss Côte-d'Azur et miss Picardie trinquent avec leur cocktail de bienvenue à l'hôtel Dinarobin. — Laurent VU/SIPA
  • Depuis mercredi, les trente miss régionales qui souhaitent devenir Miss France 2019 sont à l'Ile Maurice.
  • Photos, vidéos pour le soir de l'élection... Le voyage sert de cadre pour un certain nombre d'images.
  • Mais derrière ces images, il sert aussi à évaluer le groupe.

Du sable fin, de l’eau turquoise, des miss détendues et souriantes… A l’Ile Maurice, les miss sont chouchoutées. Logées dans un hôtel luxueux, choyées par une équipe de maquilleurs, coiffeurs et stylistes, elles font à coup sûr un voyage qui marquera leur vie. Mais c’est aussi ici qu’on commence à les juger pour voir si elles ont les épaules pour devenir Miss France. Et ça n’est pas une mince affaire.

Levées à 5h avant des journées bien remplies, les miss doivent pour autant être agréables avec toutes les personnes qu’elles croiseront dans la journée. Equipes de beauté, photographes, journalistes, personnel de l’hôtel… Tous doivent se sentir à l’aise avec elles. « Par exemple mercredi, miss Tahiti avait une journée très chargée et est restée très disponible avec tout le monde, souligne Caroline Gavignet, la productrice artistique de l’émission Miss France. C’est important pour nous qu’elles ne fassent pas de distinguo dans les équipes. » Et tout le monde veille au grain.

« Le concours de culture générale est important »

Deux chaperons, les équipes de beauté, les professionnels qui les préparent au concours, Sylvie Tellier et la production sont attentives aux qualités des miss régionales. « On regarde tout, plaisante la directrice générale de Miss France. Plus particulièrement l’esprit de camaraderie, l’élégance, les bonnes manières… Et bien sûr la photogénie et la façon de marcher, nous sommes dans un concours de beauté. » Pour Miss France 2002, « le concours de culture générale est important ». Mais d’autres membres du jury de présélection mettent l’accent sur d’autres qualités.

Car les équipes qui entourent les filles pendant le voyage sont aussi celles qui vont voter pour la sélection des douze candidates qui pourront continuer l’aventure, révélées en direct à la télévision le soir de l’élection. « On fait très attention à l’évolution d’une fille, précise Sylvie Tellier. C’est pour ça que la préparation dure un mois. Arrivés à Lille pour la dernière ligne droite, on remet d’ailleurs les compteurs à zéro. »

Le voyage des miss, c’est aussi, pour beaucoup, la première occasion de se frotter à la vie de Miss France. « Il y a des filles qui prennent les choses à la légère et qui n’ont pas compris l’enjeu : Miss France est sollicitée au quotidien et doit savoir s’adapter à toute situation, précise Caroline Gavignet. On offre la possibilité aux miss de se rendre compte que ce n’est pas fait pour elles et de nous dire qu’elles ne souhaitent pas devenir Miss France. »

La quête du faux pas ?

De l’avis de l’organisation Miss France, il n’est pas possible d’être écartée après une seule erreur. « L’idée ce n’est pas de les prendre en faute, estime Caroline Gavignet. Elles sont chouchoutées donc c’est important qu’elles comprennent que c’est une chance d’être là, même si elles ont des horaires conséquents et des obligations. » Même son de cloche chez Sylvie Tellier, qui, après réflexion trouve quand même des défauts rédhibitoires.

« Une fille qui répond à la production, ça n’est pas possible. A la rigueur, une bêtise passe, mais on s’excuse, tranche Sylvie Tellier. Une fille qui ne fait pas confiance à l’artistique, ça ne passe pas non plus. Il y en a qui, après être passées chez les maquilleurs, enlèvent tout pour se le refaire elles-mêmes. Ça n’est pas correct, d’autant plus que les équipes sont ouvertes à la discussion. Globalement, on n’aime pas celles qui ne respectent pas les gens, qui ne sont pas sympas avec la copine. Typiquement, celle qui squatte la salle de bains en sachant que l’autre ne pourra pas se préparer, celle qui ne réveille pas la copine qui a raté son réveil… »

« Un rêve éveillé »

Du côté des miss, même son de cloche. Estelle Sabathier, responsable de la communication de Miss France a, auparavant, eu une vie de miss. Représentante de la Bretagne en 2012, elle a partagé la chambre de Marine Lorphelin, Miss France 2013, à l’Ile Maurice, lors de leur voyage de préparation. Pour elle, ce voyage reste une parenthèse enchantée : « Je me souviens de tout comme si c’était hier, de tout le personnel, de chaque sourire… Pour moi c’était un rêve éveillé. Nous étions submergées de cadeaux. »

« Forcément, c’est un concours de beauté donc je faisais en sorte d’être au top du top tous les soirs pour me faire remarquer, explique la Bretonne. Dès le début j’ai compris qu’il fallait être sympa tout le temps avec tout le monde. Pour moi, Miss France était et est toujours l’école de la vie. Je suis vraiment persuadée qu’on apprend, qu’on s’enrichit de cette aventure. J’ai beaucoup pris confiance en moi et ça m’a permis de réussir mon mémoire haut la main ensuite. »

Et visiblement, les qualités de la miss avaient séduit le jury de l’époque. « J’avais fini dans les douze, rappelle Estelle Sabathier. On m’avait dit que j’étais un choix naturel parce que j’étais une miss complète. Et je suis très fière de dire que j’étais arrivée deuxième au test de culture générale ! » Et de préciser que l’école Miss France lui a été tellement bénéfique qu’elle lui a offert ensuite un travail, dans lequel elle transmet, à son tour, des conseils aux nouvelles arrivées.