VIDEO. Mariage princier: Londres ne s'est pas arrêtée de respirer pour Meghan et Harry

ANGLETERRE Alors que la planète avait les yeux rivés sur Windsor, à quelques kilomètres de là, au cœur de Londres, la capitale ne semblait pas plus ébranlée que ça…

Clio Weickert
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A Camden Town à midi, alors que la cérémonie battait son plein, tout était on ne peut plus normal.
A Camden Town à midi, alors que la cérémonie battait son plein, tout était on ne peut plus normal. — C.WEICKERT
  • 20 Minutes a cherché les « balec » du mariage princier à Londres.
  • Un voyage via Oxford Street, Camdem et un salon de tatouage où l’on tatoue des couronnes.

De notre envoyée spéciale à Londres,

Au vu des passions que déchaîne le mariage de Meghan Markle et du prince Harry depuis des mois (des années ?), on s’attendait à un samedi 19 mai de folie, digne d’une finale de Coupe du monde. En d’autres termes, que Londres se mette à vibrer au moindre battement de cils de la future (presque) princesse, et que les Londoniens retiennent leur souffle lorsqu’elle dirait oui.

20 Minutes s’était alors donné pour mission de parcourir plusieurs quartiers de Londres, à la recherche d’irréductibles sujets royaux dont le mariage en touchait une sans faire bouger l’autre, qu’on appellera plus familièrement les «balec». Une mission qui semblait tenir du miracle, compte tenu de l’emballement médiatique autour de cet événement, de la folie marketing autour des futurs mariés, et bien entendu, de l’amour que de nombreux Anglais portent à leur Reine. Spoiler : ce ne fut pas vraiment le cas.

On préfère le shopping à Harry

C’est à Oxford Street, temple londonien du shopping, où se côtoient Topshop, Miss Selfridge et autre H&M, qu’on a décidé de chasser nos premières proies, pariant que les Londoniens, tout comme les touristes, n'auraient pas le cœur à faire des emplettes, à quelques heures de la cérémonie.

Une foule raisonnable à Oxford Street.
Une foule raisonnable à Oxford Street. - C.WEICKERT

Si les magasins ne grouillaient pas de monde (à 10 heures du matin), et qu’un certain calme régnait dans les rues, les cartes bleues étaient tout de même de sortie. Comme celle d’Olivia, une habitante de Bristol, de passage à Londres pour le week-end. « Je suis venue pour le shopping, explique-t-elle, ce mariage ne m’intéresse pas plus que ça, je n’ai surtout pas le temps de m’y intéresser aujourd’hui. » Bingo, on tenait notre première « balec », la preuve même qu’au moins une personne dans cette ville ne vivait pas que pour ça.



Et ce fut loin d’être la dernière, de nombreux clients et clientes, pour beaucoup des touristes, avaient décidé de faire les magasins ce samedi matin. Mais si la plupart ont expliqué ne pas porter grand intérêt au mariage, aucun n’a apporté d’avis tranché, fait preuve d’un éventuel dégoût pour la monarchie britannique, ou pire, d’une aversion catégorique. Et pour être honnête, c’était un peu cela que l’on cherchait. Changement de plan, direction un quartier un chouïa plus subversif : Camden Town.

« Harry ne deviendra jamais roi »

Il fut un temps où Camden était l’un des quartiers alternatifs de Londres, QG de nombreux punks notamment. Pour faire court, l’endroit est désormais un temple de la nourriture vegan et des avocado toasts, et les tee-shirts « No future » vendus dans les très (trop ?) nombreuses boutiques, sont aussi authentiques que les petites tours Eiffel vendues à la sauvette à Paris. Une sorte de Disneyland punk, où se retrouvent de nombreux touristes, dont beaucoup, beaucoup de Français. On a quand même tenté notre chance. Et on y a notamment croisé Mel et sa mère Donna, de passage à Londres pour la journée.

Donna et Mel, équipe
Donna et Mel, équipe - C.WEICKERT

Leur opinion sur le mariage princier ? « C’est un mariage comme un autre, selon Donna. Peut-être que les anciennes générations sont encore très attachées à la royauté, mais les plus jeunes un peu moins. » « Et Harry ne deviendra jamais roi », ajoute Mel, comme pour justifier le désintérêt ambiant pour cet événement. Et en effet, alors que Meghan disait oui à Harry, aux alentours de 12 heures donc, il faut reconnaître que Londres s’en taponnait clairement le coquillard. « Nous nous sommes fait la même réflexion avec ma femme, approuve David, un retraité lillois croisé à Camden. On se disait qu’on n’en entendait pas tellement parler ».

On ne touche pas à la monarchie

« Un mariage comme un autre », « ça ne m’intéresse pas vraiment », « ça m’est égal », ont été les réponses les plus fréquemment prononcées lors de ce reportage. Un non-événement donc, symptomatique d’un désamour ou d’une haine pour la famille royale ? Pas du tout. Aucune personne rencontrée ne s’est prononcée contre, malgré notre insistance. Et alors que foisonnent les souvenirs en tout genre autour de Meghan et Harry, que des drapeaux anglais décorent chaque coin de rue, il est très rare de trouver un objet satirique, ou caricatural autour de la famille royale.



Grosse déception, notre rêve secret étant de rencontrer des haters de la Reine (déso Elizabeth) et de découvrir des slogans antimonarchiques chocs. « Elle est vachement respectée, même par les jeunes », nous explique Delaila, une Française installée depuis 20 ans à Londres, qui travaille dans un salon de tatouage à Camden. Aucune demande de tatouage de la tête de la Reine sur les fesses, ou d’un « fuck the monarchy » au bas du dos ? « On tatoue des couronnes oui, mais pas de motifs trop controversés. Je ne suis pas sûr que le tatoueur ici accepterait, ce n’est pas très bien vu ».

En résumé, ni haine, ni fol amour, ni véritable engouement. Un samedi londonien au calme certain, dans l’indifférence la plus totale. Donc oui, on aura trouvé des «balec», même un paquet, mais loin des haters qu'on attendait. God save the Queen.