Lille : Comment recycler les napperons de grand-mère en lingerie sexy

MODE Une jeune créatrice lilloise s’est lancé le défi de lancer une marque de lingerie dont les modèles sont fabriqués avec d’anciens napperons

Mikaël Libert
— 
Un modèle de la marque de lingerie Napperon.
Un modèle de la marque de lingerie Napperon. — Napperon
  • Une jeune créatrice lilloise lance Napperon, une marque de lingerie ucpyclée.
  • La matière première utilisée, ce sont les napperons, nappes brodées et voilages.
  • Chaque pièce est unique, réalisée en semi-sur-mesure à la demande.

De la commode à la culotte sexy. Il y a des analogies que l’on n’envisage pas, et le postulat de travail de l’entreprise de Julie Debove en fait partie. Imaginer les napperons ornant les meubles de nos grands-mères transformés en lingerie glamour paraît difficile. Et pourtant, c’est le pari que la jeune créatrice lilloise a réussi au travers de sa marque, Napperon.

L’upcycling est dans l’ère du temps et l’on a vu apparaître bon nombre d’initiatives en ce sens : fabriquer des boucles d’oreilles à partir de vieux vinyles, des caleçons cousus dans d’anciens rideaux, des pneus de vélos usés métamorphosés en ceintures… Et dans la série rien ne se perd, tout se transforme, Julie Debove a jeté son dévolu sur les napperons, nappes brodées et divers voilages tombés en désuétude. « Je ne sais même pas comment m’est venue cette idée. Au début, je souhaitais juste fabriquer ma propre lingerie », explique la jeune femme de 25 ans.

« Produire à la demande est aussi un geste écoresponsable »

Son cursus scolaire, dans la communication, est à 1.000 lieues de ce qu’elle envisage aujourd’hui. « J’ai eu envie de changer, de faire quelque chose avec mes mains en accord avec ce côté écoresponsable qui m’anime », poursuit-elle. Incapable de coudre des dessous, pièces particulièrement difficiles à réaliser, Julie a confié la partie réalisation à une couturière modéliste. La matière première, contre toute attente, ne manque pas : « Je me fournis pas mal chez Emmaüs et dans une recyclerie du Pas-de-Calais qui m’a trouvé 80 kg de napperons, de quoi tenir un an », assure la jeune femme.

Et comme chaque napperon est unique, chaque pièce de lingerie l’est aussi : « Je ne peux et ne veux pas faire de grosses séries. Produire à la demande est aussi un geste écoresponsable », insiste Julie. Les modèles proposés sont simples, ce sont les motifs des napperons qui font toute l’originalité. « Les broderies sont fines et résistantes et c’est aussi très agréable à porter », assure la créatrice.

« J’ai déjà quelques pré-commandes d’hommes »

La réalisation « semi-sur-mesure » permet aussi aux clientes d’avoir de la lingerie adaptée à leur morphologie. Le tout pour un prix raisonnable : de 39 à 45 euros pour une culotte et de 54 à 59 euros pour un soutien-gorge.

Un modèle de la marque de lingerie Napperon.
Un modèle de la marque de lingerie Napperon. - Laurie Basset

Dans son catalogue, Napperon propose aussi une « culotte mixte », pour les garçons assumant leur part de féminité. « J’ai déjà quelques pré-commandes d’hommes pour ce modèle », s’enthousiasme Julie. Ses réalisations seront présentées, jeudi, dans une boutique à Biarritz, où s’est installée la jeune femme, fin juillet. La campagne de financement participatif, qui rencontre un joli succès, doit permettre à Napperon de se développer, notamment en publiant un site Web courant octobre.