Le nombre de femmes qui ne s’épilent pas le pubis a presque doublé depuis 2013

SUS AUX INJONCTIONS Selon une étude de l’Ifop, le nombre de femmes qui estiment « important qu’une femme s’épile pour être séduisante » reste élevé (73 %) mais a perdu 17 points depuis 2013  

A.L.

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Femme se rasant les jambes
Femme se rasant les jambes — Mood Board / Rex Featur/REX/SIPA

Depuis 2013, le nombre de femmes ne s'épilant pas du tout le pubis a presque doublé, selon une étude de l’Ifop pour l'entreprise de téléconsultations Charles : il est passé de 15 % en octobre 2013 à 28 % en janvier 2021. Ces résultats sont le fruit d’une lente et constante évolution, puisque les études intermédiaires menées en 2015 et 2019 confirment cette progression, avec respectivement 18 % et 24 % de femmes qui ne s’épilent pas du tout le pubis. Par ailleurs, de moins en moins de femmes estiment qu’il est « important qu’une femme s’épile pour être séduisante » : 73 %, contre 90 % en 2013.

Les mouvements féministes, à l'image de celui lancé par Emily Ratajkowski, et les refus exprimés de plus en plus ouvertement sur les réseaux sociaux de répondre aux injonctions d’un corps lisse ont-ils laissé des traces ? Toujours est-il que cette tendance ne touche pas que le sexe mais aussi d’autres zones du corps, comme les aisselles ou les jambes : les Françaises sont ainsi moins nombreuses à s’épiler ces zones « au moins une fois par semaine » (respectivement 8 et 5 points de moins qu’en 2013).

Le confinement du printemps 2020 a aussi eu une certaine influence, puisque 18 % des Françaises déclarent s’épiler moins souvent qu’avant le premier confinement sur au moins une de ces trois zones : jambes ou demi-jambes, maillot, aisselles.

Plus de la moitié des hommes taillent leurs poils pubiens

Par contraste, et comme si la société était de plus en plus clivée sur ce point, le nombre de femmes pratiquant l’épilation intégrale (en épilant donc aussi les grandes lèvres du sexe féminin) a lui aussi considérablement augmenté, passant de 14 à 24 %.

Sans surprise, le nombre d’hommes ne s’épilant pas du tout les parties génitales est bien moins inférieur à celui des femmes (ils sont 45 % à ne rien toucher), mais il n’est pas non plus égal à zéro : environ 55 % d’entre eux taillent ou coupent d’une manière ou d’une autre dans leurs poils. Ils sont 14 % à s’épiler intégralement, 19 % à tailler leurs poils « très court » et 22 % à le faire « légèrement ».

Les attentes féminines semblent comblées

Cela vous étonnera ou pas, mais ces pratiques masculines correspondent presque exactement aux attentes féminines déclarées. En effet, 45 % des femmes affirment préférer les hommes avec tous leurs poils, 14 % aiment que les poils pubiens des hommes soient intégralement épilés, 20 % les préfèrent taillés court, et 25 % légèrement taillés. Il faut croire que les conjoints sont sur ce point plutôt à l’écoute des désirs de leur dulcinée.

Enfin, et on peut s’en réjouir, la très grande majorité des hommes se fichent pas mal qu’une femme ait des poils sous les bras ou sur le sexe au moment de faire l’amour : 66 % affirment que les premiers ne sont pas un frein à leur désir sexuel, et 70 % pour les seconds. Les poils pubiens « taillés et entretenus » ne freinent même quasiment personne (92 %), en revanche les poils sur les jambes ont encore des chances de dégoûter pas mal d’hommes (61 % sont disposés à avoir un rapport sexuel avec une femme ayant l’habitude d’avoir des poils sur les jambes). Comme quoi il reste encore un peu de marge pour les combats féministes.