Marseille : La Nouvelle, K Massalia, mais comment font ces deux marques pour se retrouver dans toutes les boutiques tendance ?

STYLE En quelques années, elles se sont imposées dans le vestiaire de nombreuses modeuses. Rencontre avec deux créatrices marseillaises

Caroline Delabroy

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K Massalia et La Nouvelle, deux marques créées à Marseille
K Massalia et La Nouvelle, deux marques créées à Marseille — K Massalia et Agence La Major
  • La marque La Nouvelle a séduit plus de 200 points de vente en France, dont Le Bon Marché, avec ses modèles féminins et confort, et son liseré en lurex signature.
  • Plus confidentielle, la prometteuse marque de chaussures K Massalia est aussi née sur les terres marseillaises.

Le liseré en lurex doré pour l’une, la touche rock et vintage pour l’autre. Nées à Marseille, les marques de lingerie «  La Nouvelle » et de chaussures «  K Massalia » ont conquis de nombreuses boutiques de mode avec ces signatures en forme d’ADN. « Je me souviens encore au tout début quand on s’est lancées, j’ai fait le tour de France avec ma petite valise pour aller voir les boutiques et faire les marchés de créateurs », rembobine la consultante mode Aurélie Grandemenge, qui a rejoint en 2013 la styliste Alix de Moussac pour lancer « La Nouvelle ».

La première collection sort un an plus tard, et la brassière sans armatures Gorgia, un futur classique de la marque, est déjà au catalogue. « C’est une lingerie de femmes pour les femmes, très seconde peau, dans laquelle on souligne les formes naturelles, avance la créatrice. Quand on est arrivées, il fallait dépoussiérer le marché de la lingerie en proposant quelque chose de plus ludique, confortable, une autre manière d’appréhender le corps des femmes ». Elles se tournent d’ailleurs vers les boutiques multimarques de prêt-à-porter, où le fameux liseré doré séduit comme un accessoire de mode.

L’été sous les couleurs de la « Nouvelle Vague »

Au fil des saisons, La Nouvelle a tissé sa toile, étoffant sa gamme avec une ligne homewear, les maillons de bain, la collection enfant et des collaborations avec Le Bon Marché, la Petite Mendigote ou encore Smallable. « Nous avons cinq agents, c’est comme ça qu’on s’est le plus développé, et nous ne sommes plus seulement une vente complémentaire pour les boutiques, mais la marque que l’on vient chercher », relate Aurélie Grandemenge.

La Nouvelle est aujourd’hui présente dans plus de 200 points de vente en France. Le site, changé juste avant le premier confinement, a permis de prendre le relais des boutiques fermées. « Les gens avaient envie d’acheter des marques françaises, on a vraiment ressenti qu’ils ont changé leur manière de consommer, et cela perdure », sourit Alix de Moussac, qui s’est inspirée de la Nouvelle Vague pour la collection printemps-été à découvrir dès le mois de février.

« Je fais de la slow fashion »

« Il y a une dynamique, les filles ont envie de prendre le temps et de faire la démarche d’acheter créateur local, il faut continuer à faire rêver », abonde de son côté la styliste Karine Parra qui a fondé sa marque de chaussures K Massalia il y a deux ans. Dès 2014, il y a eu la ligne Massalia, soit des sandales d’été artisanales et épurées qui la connectent à ses « origines grecques et un grand-père dans la chaussure ». Ses clientes lui réclament vite de l’hiver, et ses modèles de bottines, Chelsea boots et autres derbys touchent juste avec leur côté à la fois intemporel et tendance. Avec son talon très rétro, travaillé en forme conique comme dans l’atelier de son grand-père, l’escarpin « Hey Mera » revient à chaque collection.

« On apporte un compromis entre les standards de chaîne, qui suivent et copient les tendances, et le luxe », analyse Karine Parra, qui défend une « slow fashion » : « Je fais très peu de quantités, elles sortent de petites fabriques majoritairement artisanales au Portugal, quand il n’y en a plus, il y en plus. » La créatrice est aujourd’hui présente dans une vingtaine de boutiques multimarques, essentiellement dans le Grand Sud mais aussi à Paris chez Lili Cabas. A Marseille, elle reçoit sur rendez-vous dans un lieu qui lui ressemble (16 boulevard des Eparges, dans le 12e), où elle peut exposer toute sa collection et surtout prendre le temps de conseiller « les filles » comme elle dit. Qui ne manqueront sans doute pas de lui inspirer des nouveautés.