Julien Fournié commercialise les sacs vus dans ses défilés haute couture

ARTISANAT D'ART Le couturier Julien Fournié ouvre sa boutique en ligne où il propose des accessoires uniques issus des défilés

Anne Demoulin

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Le couturier Julien Fournié ouvre sa boutique en ligne où il propose des accessoires uniques vus dans ses défilés haute couture.
Le couturier Julien Fournié ouvre sa boutique en ligne où il propose des accessoires uniques vus dans ses défilés haute couture. — Julien Fournié/onas Gustavsson/Sipa USA/SIPA
  • Le couturier Julien Fournié ouvre sa première boutique en ligne ce mardi.
  • Sur le site, il vend des rééditions des sacs et ceintures vus sur le podium… disponibles en un seul exemplaire.
  • Le couturier raconte à 20 Minutes pourquoi  et comment il a choisi d’être à contre-courant de la production en série.

Des sacs et des ceintures haute couture disponibles en un clic. Le couturier Julien Fournié ouvre ce mardi sa boutique en ligne où il propose des accessoires de mode en modèle unique, disponibles immédiatement à la livraison dans le monde entier.

Sur le site, le sac Premier se décline en plusieurs versions. « Cela fait deux ans que l’on voit ce sac sur les podiums chez Julien Fournié. Je l’ai peaufiné de saison en saison avant d’avoir envie de le commercialiser. On a fait des rééditions exactes des sacs qui ont défilé sur le podium », raconte à 20 Minutes le couturier. Mais aussi des ceintures : « Les femmes osent de moins en moins souligner la taille. Et pourtant, même quand on est ronde, tout de suite cela redonne une proportion et donne l’air plus élancé », déplore l’expert.

Des accessoires d’exception

Les sacs et ceintures vendus sur le site sont des « objets d’artisanat d’art ». Le couturier Haute Couture n’a pas souhaité céder aux sirènes de la fabrication en série. « A chaque fois, il y a un sac, pas deux. Ce ne sont pas des séries. Dès lors que le sac ou la ceinture est vendu, il n’y en aura pas d’autre, sauf si la cliente souhaite commander, alors il y aura entre deux et quatre mois d’attente », explique-t-il.

Julien Fournié mise ainsi sur des produits d’exception, « un petit bijou, rien qu’à soi », des sacs vendus à partir de 990 euros et des ceintures dès 900 euros. Une somme, certes, mais qui permet au couturier de s’adresser à une nouvelle clientèle plus large que celle de la Haute couture. « J’ai voulu permettre aux femmes qui n’ont pas accès au vestiaire de Haute Couture, de pouvoir acquérir les accessoires que je conçois pour mes défilés et présentations », explique-t-il.

Un prix qui se justifie, à la manière d’une paire de Louboutin, par la qualité des matériaux et les savoir-faire mis en œuvre. Renne, python, posorus, alligator… Les sacs et ceintures « sont réalisés dans des cuirs incroyables, tout vient de chez Hermès Cuirs Précieux », souligne le couturier. Et d’ajouter : « J’ai choisi de travailler avec eux parce qu’il y a une vraie traçabilité ». Tous ces accessoires sont fabriqués « en France, en Espagne et en Italie ». « La chaîne de fabrication a été très difficile à monter, parce qu’il s’agit d’une production au compte-gouttes », poursuit Julien Fournié.

Le diable se cache dans les détails

Chaque sac dispose de deux poches intérieures avec soufflet et d’une poche zippée et muni d’une doublure en agneau plongé nude. « J’ai choisi du nude, parce que je me suis rendu compte que les femmes n’arrivaient jamais à trouver leurs effets personnels dans leur sac lorsqu’il est doublé de noir. C’est précieux et cela va se patiner avec le temps », explique le couturier.

Un soin tout particulier a été porté sur la métallerie, « soit canon de fusil, soit or lune, un or blanchi. La chaîne est réglable à l’aide de mousquetons. On peut aussi enlever la chaîne pour transformer ce sac en pochette. » L’artiste a également mûrement réfléchi la longueur de la chaîne : « Le sac peut même être porté sous une veste de smoking, en bandoulière. Il arrive au niveau de la taille pour qu’on ne puisse pas l’arracher et le voler. » Certains modèles ont des bandoulières agrémentées de cartouchières. Les ceintures disposent du même type de métallerie avec des mousquetons qui permettent de l’ajuster.

Le savoir-faire à l’honneur

La collection dispose de modèles pour le soir et pour le jour, et certains modèles cachent de véritables trésors de savoir-faire : un modèle dispose d’un rabat entièrement rebrodé de petits sequins de métal, un autre d’un rabat « entièrement tissé de plumes par la maison Vermeulen ». « On est à l’opposé du ultra-logotypage qu’on trouve ailleurs », se félicite le créateur. Caché sous le clapet, la mention « haute couture ». Les noms des sacs et ceintures sont en lien avec le cinéma : le sac Blush Kaa fait référence au serpent de Disney, la ceinture Indiana à Indiana Jones, le sac Goldie tout doré, « c’est parce que j’adore Goldie Hawn », confie le couturier.

Le créateur souhaite sortir des collections d’accessoires tous les trois ou quatre mois « avec une trentaine de modèles, mais ce ne sera pas de la série. On reste proche de ce qu’est une maison de haute couture. Et ces modèles seront toujours en corrélation avec l’ADN des collections ou les films de la maison. Il y aura aussi des spots sur des foulards et d’autres accessoires de temps en temps », martèle-t-il. Une idée de cadeau originale et unique (à faire ou à se faire) pour ces fêtes de fin d’année pour les premiers visiteurs de cette boutique en ligne, qui risque fort de crouler sous les demandes.