« C’est hyperintime de dévoiler cette collection de déco », confie Jenifer

INTERVIEW La chanteuse Jenifer s’est associée à Exsud pour créer une collection d’objets de décoration haute en couleurs

Anne Demoulin

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Jenifer prend la pose au milieu des objets de la collection Ligati.
Jenifer prend la pose au milieu des objets de la collection Ligati. — JENIFER x LIGATI
  • La chanteuse Jenifer s’est associée à Exsud pour créer une collection d’objets de décoration haute en couleurs.
  • Sa première collection d’objets de décoration – cadres photos, lampes d’appoint, photophores, coussins, plaids, tabourets, poufs — est baptisée Ligati.

Chanteuse, comédienne et maintenant créatrice d’objets de décoration ! Jenifer a lancé ce vendredi à la Galerie Joyce à Paris un pop up store présentant sa première collection d’objets de décoration, baptisée Ligati. Cadres photos, lampes d’appoint, photophores, coussins, plaids, tabourets, poufs… Ligati est un chaleureux mixte de style contemporain et méditerranéen. Les 98 pièces imaginées par l’artiste corse en collaboration avec Charlotte Esquenet et Anne-Julie Entremont, les fondatrices de la marque Exsud sont à découvrir jusqu’au 12 septembre au pop up store, puis dès le 13 septembre sur www.ligati.store et dès le 25 septembre sur Amazon. L’interprète d’Au soleil a raconté son idylle avec la déco à 20 Minutes.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de lancer une collection d’objets de décoration ?

J’ai toujours eu une passion pour la décoration. Cela vient des femmes de ma famille qui prenait soin de bien présenter des tables de manière très modeste. Ma chambre était toujours délicate grâce à ma maman. Et même si j’étais un garçon manqué, j’étais coquette. J’aimais bien assortir les couleurs, installer le petit rideau qui va bien…. Il m’est arrivé de décorer parfois pour mes amis ou de donner des conseils. Je suis abonnée aux merveilleux magazines de décoration. Dès que je suis en tournée, je sillonne les vide-greniers, je chine dans les brocantes. J’aime que les objets racontent des histoires.

Comment est née cette collaboration avec Exsud Design ?

Mes amis m’ont encouragé et l’un d’eux m’a présenté Charlotte Esquenet, une des cofondatrices de Exsud Design, dont c’est le métier. On a beaucoup échangé et on a eu un coup de foudre amical et tout s’est enchaîné relativement vite. Elle est venue à la maison et elle a vu celle que j’étais.

Comment s’est passée la conception de cette collection ?

Je lui ai parlé des idées d’objets que j’avais. Je lui ai montré mes croquis. J’adore peindre et dessiner, et même si je le fais très mal, je le fais quand même. On a beaucoup discuté et échangé sur nos idées. Charlotte respecte les matières premières et elle travaille avec des petites mains. J’ai toujours eu beaucoup de respect pour ceux qui travaillent dans l’artisanat, les menuisiers, les couturières… Pour tous ceux qui ont la passion du bel objet.

Avez-vous suivi toute la phase de réalisation dans les ateliers ?

J’étais là pour le choix des matières et j’ai assisté à la conception des premiers prototypes. Hélas, j’ai ensuite été limitée en raison du confinement. Du coup, on a fait beaucoup de réunions sur Zoom… J’ai suivi la finalisation de loin via une caméra.

Parlez-nous de cette collection…

J’ai essayé d’amener un côté lumineux. Je voulais une collection colorée avec du peps ! J’ai porté un soin particulier au choix des matières. Les coussins par exemple sont bi-matières. Cela permet de switcher sa déco en fonction de son humeur avec d’un côté une couleur enjouée, de l’autre, un ton plus doux. C’était aussi important pour moi d’avoir du lin, du velours, du satin, de l’acier vieilli, du bois… J’adore aussi les bougies. La lumière c’est hyperimportant dans une maison. Je ne trouvais pas d’abat-jour qui me plaise… On a fait ces abat-jour plissés à l’ancienne et Charlotte a amené le côté design avec les pieds. Les pêle-mêle, je trouve que cela raconte tout de suite une histoire dès qu’on y accroche un truc, que ce soit des cartes postales, des photos ou encore comme ici des petites fleurs séchées. Chez moi, les pêle-mêle sont chargés à bloc ! Ligati, c’est tout cela…

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Ce sont les lieux qui me déclenchent les idées. Ce qui m’entoure. J’écoute, je vois, je sonde. Je suis attentive à ce qui se passe. J’ai été inspirée par mes voyages, que ce soit à Cuba, en Afrique… Je suis très inspirée par les paysages. Personnellement, je suis plutôt campagne et nature. J’ai été inspirée par mon île de Beauté, qui déborde de couleurs et de nuances. La roche, le maquis, l’immortelle… Même si on n’a pas beaucoup de jaune dans la collection. Mais aussi par le vieux Nice et les pavés dans les vieilles villes en Italie.

Qu’avez-vous appris au cours de l’élaboration de cette collection ?

J’ai découvert comment on fait un abat-jour et le temps que cela prend, tout le travail que cela nécessite, ce professionnalisme et toute la patience qu’il faut pour concrétiser une idée qui est juste sur le papier au départ… On fait des essais, on recommence. Toute la patience que cela nécessitait, c’est surtout cela que j’ai appris.

Pourquoi cette collection s’appelle « Ligati » ?

Ce mot s’est imposé, c’était une évidence. « Ligati », cela signifie « liés » en corse. Je veux vraiment créer un lien avec le client, même si je n’aime pas ce mot… C’est comme faire un disque, c’est continuer de cultiver ce lien entre nous. J’ai d’ailleurs fait des photos pour alimenter les réseaux sociaux, puisque c’est devenu hyperimportant maintenant pour se présenter, et garder ce lien – sans mauvais jeux de mots.

Qu’est-ce que cela vous fait de lancer cette collection ?

Je présente cette collection et ça me fait tout drôle. Je lance cette collection, elle existe ! Je suis allée au bout d’une envie que j’avais depuis toute petite, et que j’avais un peu enfouie, que je ne m’avouais pas trop… La rencontre avec Charlotte a tout enclenché, on est une équipe. Je suis fière d’avoir mis le pied à l’étrier. C’est hyperintime de dévoiler cette collection de déco, aussi intime qu’un disque finalement. Ce sont des objets que j’aurai dessinés pour moi.

La création en déco nourrit-elle celle de la chanteuse et inversement ?

Cela cultive ce que j’ai envie de raconter. Ce côté joyeux, méridional, lumineux, que l’on retrouve dans la collection, c’est ce que je raconte aussi dans mon dernier disque. Je pense qu’on a en tous besoins en ce moment parce qu’on ne vit pas la meilleure période actuellement. J’ai envie d’amener en quelque sorte du divertissement, une page de récréation, de la joie et de la positivité que ce soit dans la décoration ou la musique.

Avez-vous envie de poursuivre si cette collection est un succès ?

J’espère pouvoir faire découvrir d’autres idées, pour l’instant, c’est beaucoup trop prématuré et ce serait beaucoup trop prétentieux de m’avancer trop… Mais évidemment, je déborde d’idées ! J’ai déjà quatre collections en tête… Si ça n’avait tenu qu’à moi, il y aurait encore plus de pièces, mais « piano, piano, qui va piano, va sano », comme on dit chez moi.

On vous attend plutôt avec une collection de mode, non ?

Oui, j’adore cela, c’est lié je pense. J’ai un goût très prononcé pour les gens qui ont le côté artiste, création.

Auriez-vous envie de collaborer avec un créateur de mode ?

Pourquoi pas, mais j’ai besoin que ça matche. Pour pouvoir développer une marque ou une collection, il faut que ce soit sincère et spontané, qu’il y ait une vraie rencontre. Sinon c’est superficiel et l’histoire n’est pas agréable à vivre. J’ai cette chance-là et je m’en rends compte, je suis reconnaissante une fois encore de la chance qui s’offre à moi et je n’ai pas envie de mentir. Faire ça que pour du business, cela ne m’intéresse pas !

Vos futurs projets ?

Je continue la musique même si la période veut que ce soit plus difficile. Monter une tournée, c’est compliqué ! J’ai continué d’enregistrer des chansons même en confinement et j’espère sortir un disque quand ce sera prêt. J’ai hâte de remonter sur scène et de partager. Ce que j’aime le plus profondément, c’est cet échange !