Le marché du maquillage, victime collatérale inattendue du Covid-19 ?

BEAUTE Entre le confinement, le télétravail et le port du masque, la crise du Covid-19 a porté un coup au marché du maquillage, et particulièrement à celui du rouge à lèvre

20 Minutes avec AFP

— 

Les ventes de maquillage, et notamment de rouge à lèvres, ont chuté en raison du coronavirus.
Les ventes de maquillage, et notamment de rouge à lèvres, ont chuté en raison du coronavirus. — Laurent Gillieron/AP/SIPA

Entre le confinement, le télétravail et le port du masque, la crise du Covid-19 a porté un coup au marché du maquillage, et particulièrement à celui du rouge à lèvres, les Françaises préférant insister sur les soins du corps et le vernis.

« Pendant le confinement, je ne mettais rien, que de la crème hydratante. Les premiers jours, je ne me reconnaissais pas. Je me disais “c’est ça ma tête en vrai, sans fard ?” Au déconfinement, j’ai adoré me remaquiller, mais j’en mets beaucoup moins. Un coup de mascara et je me sens pimpée », raconte Nolwenn.

Et cette architecte parisienne de 27 ans n’est pas la seule Française à avoir changé sa routine beauté. Dès le deuxième mois de confinement, le marché de la « beauté prestige », regroupant parfumeries et grands magasins, a accusé le coup.

« Plus de soin, un peu moins de maquillage »

Crèmes pour le visage, soins du corps, baumes à lèvres… Le grand gagnant des cosmétiques face au coronavirus est le soin. « Le soin de la peau et des cheveux connaît une progression bien plus rapide que le maquillage », indique Sephora. « En gros, c’est plus de soin, un peu moins de maquillage », confirme Hervé Navellou, directeur général de L’Oréal Paris.

Les vernis à ongles ont aussi le vent en poupe. « Eux qui s’étaient endormis se sont réveillés pendant la période », note Hervé Navellou. « La fermeture des bars à ongles et des salons de beauté » a joué, commente Mathilde Lion, analyste beauté au cabinet d’études NPD Group. Les femmes ont « une envie de couleur, de légèreté », juge Hervé Navellou.

« Comment avoir des testeurs en pleine pandémie ? »

Le marché du maquillage a reculé et la réouverture des magasins ne va pas jouer en sa faveur. « Comment avoir des testeurs en pleine pandémie ? », s’interroge Mathilde Lion.

Le rouge à lèvres est le grand perdant de la crise sanitaire. « Moins 58 % sur les ventes en ligne par rapport à avril 2019 », remarque l’experte.

Le masque camouflant le bas du visage, l’attention est portée sur les yeux. « On fait l’hypothèse que la consommation de mascaras, de crayons de couleur, va fortement augmenter si le port du masque vient à se poursuivre », avance Hervé Navellou.

« Tendance au plus naturel »

En avril, le maquillage pour les yeux enregistrait « une hausse de 116 %, surtout la catégorie reine des mascaras qui augmente de 150 % », explique Mathilde Lion.

Les produits sans transfert, qui tiennent malgré un masque, font une percée.

« Le maquillage light (blush, poudres bronzantes, anticernes) a bien fonctionné, tout comme les crèmes teintées – alliant effet hydratant et maquillage – qui prend le dessus sur les fonds de teint, plus couvrants », décrypte Mathilde Lion.

« En raison du port du masque, les produits longue durée, sans transfert, résistant à l’eau et à la transpiration rencontrent un vif intérêt », confirme Make Up for Ever. L’usage de ces produits entraîne, selon Mathilde Lion, une « tendance au plus naturel, et moins de contouring ».