VIDEO. La danseuse unijambiste Viktoria Modesta sera la future star du Crazy Horse

HANDICAP La performeuse et chanteuse britannique Viktoria Modesta, mannequin handicapé d’une jambe qui fait de ses prothèses des œuvres d’art, sera la tête d’affiche du Crazy Horse du 3 au 16 juin…

A.D. avec AFP

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Viktoria Modesta sera la tête d'affiche du Crazy Horse du 3 au 16 juin.
Viktoria Modesta sera la tête d'affiche du Crazy Horse du 3 au 16 juin. — Jora Frantzis

Après Dita Von Teese, Arielle Dombasle, Clotilde Courau, Pamela Anderson ou Conchita Wurst, la performeuse et chanteuse britannique Viktoria Modesta, mannequin handicapé d’une jambe qui fait de ses prothèses des œuvres d’art, va rejoindre du 3 au 16 juin la troupe du Crazy Horse, temple parisien du « nu chic ».

Viktoria Modesta, qui se définit comme une « show-girl bionique », se produira pour 29 représentations seule et accompagnée des danseuses du Crazy dans plusieurs tableaux créés spécialement autour de son univers futuriste, a annoncé le cabaret.

Viktoria Modesta apparaît avec des prothèses futuristes, dessinées comme des bijoux

Née en Lettonie avec une malformation de la hanche et d’une jambe, Viktoria Modesta, 31 ans, a fait le choix à 20 ans d’une amputation pour préserver durablement sa santé et améliorer sa mobilité grâce à une prothèse « afin de libérer sa créativité loin des stéréotypes », a-t-elle expliqué. Son clip pour la chanson Prototype où elle apparaît avec des prothèses futuristes, dessinées comme des bijoux, dont une lumineuse, a été visionné plus de 11 millions de fois. Sur Instagram et Twitter, l’artiste est suivie par plus de 100.000 abonnés.

« J’ai été fascinée par l’incroyable volonté et l’univers créatif de Viktoria. La manière dont elle a pris en main son destin et transformé sa vie en performance artistique globale est épatante », souligne Andrée Deissenberg, directrice artistique du Crazy Horse. « Dans un futur déjà présent où la différence est revendiquée et magnifiée, la faiblesse se métamorphose en force et atout », ajoute-t-elle. Dans un communiqué, Viktoria Modesta entend « repousser avec le Crazy Horse les limites de la féminité de la manière la plus innovante et la plus surprenante qui soit ».

Vers un affranchissement des diktats de la beauté ?

« Dans un monde en plein questionnement sur le rôle et l’image de la féminité, la rencontre des univers du Crazy Horse et de Viktoria Modesta permet de mettre en scène une autre vision de la femme, de la sensualité et de la beauté au XXIe siècle », souligne la direction du Crazy Horse. L’arrivée de Viktoria Modesta au Crasy Horse montre que, grâce au courant néoféministe, on s’affranchit progressivement des diktats de la beauté.

Une évolution initiée dans le domaine de la mode après que des mannequins atypiques comme Winnie Harlow, atteinte de vitiligo, ait ouvert la voie et travaille aujourd’hui pour de grandes marques à l’image de Tommy Hilfiger, L’Oréal Paris, ou encore Elie Saab.

A 29 ans, le mannequin Lauren Wasser, amputé d’une, puis des deux jambes, à la suite d’un choc toxique causé par l’utilisation d’un tampon, continue de travailler, désormais surnommée « golden legs » (les jambes dorées) à cause de la couleur de ses prothèses.

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Bionic Barbie for @crfashionbook 💖

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La mannequin trisomique Madeline Stuart a, elle, réalisé son rêve il y a quelques années déjà en défilant à la Fashion Week.

Melanie Gaydos familiarise le monde de la mode avec la dysplasie ectodermique. Cette maladie génétique, aussi appelée syndrome de Clouston, qui affecte croissance des cheveux, des cils, des sourcils, des ongles, des dents, de la peau et des glandes sudoripares, ne l’empêche pas d’être de plus en plus demandée aux Etats-Unis. Ce n’est donc pas un hasard si Viktoria Modesta s’est déjà produite à la Fashion Week de Milan et de Paris.

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