Guide Michelin 2019: Mauro Colagreco et Laurent Petit remportent la course aux étoiles

PALMARES La sélection du « guide rouge » a été dévoilée lundi lors d’une cérémonie animée par Audrey Pulvar salle Gaveau à Paris...

Stéphane Leblanc

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Les nouveaux Trois-Etoiles Mauro Colagreco (à g.) et Laurent Petit, avec leurs épouses respectives
Les nouveaux Trois-Etoiles Mauro Colagreco (à g.) et Laurent Petit, avec leurs épouses respectives — GUIDE MICHELIN
  • Attendue avec appréhension par le milieu de la gastronomie, la sélection du Guide Michelin a été dévoilée lundi lors d’une cérémonie animée par Audrey Pulvar salle Gaveau à Paris.
  • 75 restaurants ont été promus, dont Le Mirazur de Mauro Colagreco à Menton et Le Clos des Sens de Laurent Petit à Annecy, réunissant surtout un nombre inédit de femmes et de jeunes talents issus de tout l’Hexagone, comme promis par Gwendal Poullennec, le nouveau directeur international du guide.
  • Plusieurs grandes toques ont été délestées de leur troisième étoile: le Parisien Pascal Barbot, le Haut-savoyard Marc Veyrat et l'Alsacien Marc Haeberlin.

 

Un vrai coup de jeune mis en scène avec un certain sens du suspens. Gwendal Poullennec, le nouveau patron du Guide Michelin, a pris le temps d’annoncer les deux seuls nouveaux promus « qui portent le nombre de Trois-étoiles à 127 dans le monde ». Le premier « a choisi son métier au moment de l’adolescence, un peu par défaut, en l’apprenant au contact de Michel Guerrar : c’est Laurent Petit, du Clos des Sens à Annecy-le-Vieux ! », qui embrasse sa femme et dédie sa troisième étoile à sa mère. Le second « est un Italo-Argentin formé à l'école hôtelière de la Rochelle et initié par Loiseau, Passard, Ducasse… C’est Mauro Colagreco du Mirazur à Menton ».

« C’est tellement d’émotion », a lâché le premier chef étranger triple-étoilé dans l'Hexagone, avant de remercier « son entourage, son amour et ses enfants pour leurs sacrifices ». Avant d’ajouter : « La cuisine française c’est la meilleure du monde et je suis venu en France pour ça. Aujourd’hui je suis tellement honoré et tellement heureux. »

Et le reste du palmarès ? On y trouve « plus de jeunes, plus de femmes, plus de diversité », comme promis ces derniers jours par le nouveau directeur international du Guide Michelin, Gwendal Poullennec.

Ode aux femmes et manifeste de la jeunesse

Parmi les 75 restaurants promus, 68 sont de nouveaux étoilés, avec une fois de plus, une proportion non négligeable d’étrangers, comme le Mexicain Indra Carrillo (La Condesa), le Brésilien Raphaël Rego (Oka) et pas moins de dix nouvelles tables de cuisine française revues et corrigées par de jeunes chefs japonais, dont huit à Paris :  Ehr, Abri, Sola, Yoshinori, Automne, Accents, Virtus et Pilgrim.

« Il faut voir le Guide Michelin comme une invitation au voyage », expliquait en début de cérémonie Gwendal Poullennec, avant d’ajouter que c’était la première fois qu’on avait « une proportion de cheffes aussi importante, qui peuvent servir d’exemple aux femmes qui savent désormais que ces carrières dans la gastronomie leur sont ouvertes ».

Une bonne douzaine, à l’image de Stéphanie Le Quellec qui obtient sa deuxième étoile à La Scène, le restaurant du Prince de Galles. « Cela fait plaisir de voir qu’il y a de plus en plus de femmes qui prennent des positions de chef et ce milésime montre bien que ces jeunes femmes ont quelque chose à raconter dans l’assiette. » Ces jeunes femmes, ce sont par exemple Amélie Darvas pour Aponem dans l’Hérault, Julia Sedefdjian pour Baieta, Chiho Kanzaki pour Virtus ou la pâtissière Ayumi Sygiyama pour Accents à Paris.

Résolument, le Michelin entend également devenir « un manifeste de la jeunesse ». Et de la créativité, pourrait-on ajouter, en témoigne la promotion de une à deux étoiles de deux jeunes chefs aux univers particulièrement créatifs, le Parisien David Toutain (bruyamment acclamé) et le Marseillais Alexandre Mazzia (encore plus fortement acclamé). Autres promus pour la deuxième étoile (mais moins acclamés) : Hugo Roellinger (Le Coquillage à Cancale) et Christophe Hay (La Maison d’à côté à Montliveau).

Un même vent de jeunesse a soufflé sur les récompenses accordées aux meilleurs pâtissiers (une trentaine), en plus des nouveaux prix de l’accueil et du service attribué à Sarah Benhamed (Le Crocodile à Strasbourg), du meilleur sommelier à Albert Malongo Ngimbi (La Table Saint-Crescent à Narbonne), et de la gastronomie durable à Christopher Coutanceau (à La Rochelle).

Privés de dessert

Ils n’étaient pas à la fête, salle Gaveau, et pour cause : Marc Haeberlin de L’Auberge de l’Ill (à Illhaeusern), Pascal Barbot de L’Astrance (à Paris 16e) et Marc Veyrat de La Maison des bois (à Manigod) ont appris dès dimanche qu’une étoile avait été retirée à leurs restaurants, qui n’en affichent donc plus que deux.

Par contre, Le Restaurant de Paul Bocuse à Collonges-au-Mont-d’Or, malgré la disparition de Monsieur Paul il y a tout juste un an, n’est pas rétrogradé, comme certains s’en inquiétaient. D’autres chefs ont quand même perdu leur deuxième étoile pour passer à une seule : c’est le cas d’Alain Dutournier au Carré des Feuillants (Paris 1er), David Bizet au Taillevent (Paris 8e), Guy Lassausaie (Chasselay), Alain Montigny à L’Oasis (Mandelieu-la-Napoule), Nicolas Decherchi à La Paloma (Mougins) et Thierry Drapeau à La Chabotterie (Saint-Sulpice-sur-Verdon). Et d’autres, plus nombreux encore, ont même perdu leur unique étoile…