Tensions entre TF1 et Canal + : droits de diffusion, plainte, intervention politique… On vous résume le conflit depuis le début

Désaccord médiatique Depuis plusieurs jours, TF1 et Canal + lavent leur linge sale en public. « 20 Minutes » vous résume cette saga à rebondissements

Maxime Fettweis
Le siège de TF1 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).
Le siège de TF1 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). — LODI Franck/SIPA

Bienvenue dans l’épisode 4 de la deuxième saison du bras de fer opposant TF1 et Canal +. Ce lundi, la filiale de Bouygues a annoncé porter plainte contre le groupe détenu par Vincent Bolloré, énième twist de la saga tout en drama qui oppose les deux géants de l’audiovisuel français. Comment en est-on arrivé là ? Retour sur les épisodes précédents.

Épisode 1 : Canal + débranche ses accès à TF1

Le 2 septembre, Canal + annonce par voie de communiqué « renoncer à la diffusion » des chaînes du groupe TF1 (TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films et LCI) en France métropolitaine. Exit The Voice Kids, Sept à Huit ou encore Quotidien pour les détenteurs d’une box Canal, qui seraient environ 3 millions. Ils sont désormais dans l’impossibilité d’accéder à ce panel de chaînes.

Justifiant sa décision, Canal+ évoque la demande de la Une d’une « rémunération conséquente » pour lui permettre de diffuser ses chaînes, pourtant gratuites pour les foyers qui reçoivent la télévision par satellite. La filiale de Vivendi laisse entendre que le désaccord pourrait durer, évoquant la diffusion de la Coupe du Monde de Football, dont le lancement est prévu à partir du 20 novembre.

Épisode 2 : TF1 dénonce

La réaction de TF1 ne se fait pas attendre. Le même jour, le groupe dénonce le choix de Canal « de priver ses abonnés des chaînes et des services qu’ils payent dans leur abonnement » et appelle à la discussion pour éviter de « pénaliser » davantage les téléspectateurs.

Une situation laissant les téléspectateurs avec un sentiment de déjà-vu. En 2018, tandis qu’ils devaient conclure leur précédent accord de diffusion, les deux groupes n’étaient pas parvenus à trouver un terrain d’entente dans les temps. Les chaînes de TF1 avaient alors été coupées pour les abonnés à Canal + pendant dix jours, avant de trouver un terrain d’entente.

Épisode 3 : la ministre de la Culture s’en mêle

On ne l’attendait pas forcément, mais la saga a pris une tournure politique au lendemain du début des hostilités. Dans une lettre envoyée le 2 septembre au président de Canal + et rendue publique par Le Parisien, la ministre de la culture, Rima Abdul Malak, demande de ne pas « priver des centaines de milliers de foyers de la réception de l’intégralité des chaînes de la TNT ».

Cela n’a, pour l’heure, pas suffit pour que les détenteurs d’une box Canal puissent accéder à nouveau aux programmes de la première chaîne d’Europe. Depuis la décision de la filiale du groupe Vivendi, les audiences du JT de France 2 sont passées devant TF1 durant deux jours consécutifs, alors que la Une est généralement en tête sur ce créneau. L’édition menée par Thomas Sotto sur le service public a rassemblé 4,81 millions de téléspectateurs vendredi et 4,5 millions samedi, contre respectivement 4,27 millions et 4,2 millions pour celle d’ Anne-Claire Coudray.

Épisode 4 : le groupe Bouygues dépose plainte

Nouvelle volte-face côté TF1. Dénonçant les « chiffres fantaisistes » évoqués par Canal concernant l’évolution du montant de diffusion demandé par TF1, Didier Casas, secrétaire général de la chaîne, a répété être « pris en otage par la décision de Canal », au micro Franceinfo. Il ajoute que Canal+ est traité de la même façon que l’ensemble des autres diffuseurs, martelant l’importance « de ne pas priver » les téléspectateurs de la chaîne malgré des négociations « compliquées ».

Il a encore assuré que le groupe TF1 allait déposer plainte contre Canal. Reste à savoir si le prochain épisode enfoncera encore plus les deux géants des médias français dans la tension, ou s’il sera celui de la réconciliation.