Ingérence du pouvoir, rumeur de liaison avec Macron... L'ancien président de Radio France se livre

CONFIDENCES Mathieu Gallet, aujourd’hui à la tête de la plateforme de podcasts Majelan, raconte son passage à la présidence de Radio France dans « Jeux de pouvoir »

B.Ch.
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Mathieu Gallet, co-créateur de Majelan, ici en août 2015.
Mathieu Gallet, co-créateur de Majelan, ici en août 2015. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Son livre, Jeux de pouvoir, sort le 12 mai, mais Mathieu Gallet a déjà livré quelques souvenirs – certains amers, d’autres croustillants – de son passage à la présidence de Radio France, entre 2014 et 2018.

Dans une interview au Parisien, le directeur de la plateforme de podcasts Majelan, revient sur ces années mouvementées. Condamné à 30.000 euros d’amende, dans une affaire de contrats de consultants passés sans appels d’offres lors de son passage à l’Institut national de l’audiovisuel (INA), et qui lui a coûté sa place à Radio France, Mathieu Gallet a été marqué par l’ingérence du monde politique dans son mandat.

Pressions et ingérences

Il est par exemple persuadé que Fleur Pellerin, ministre de la Culture de François Hollande, a voulu et obtenu son éviction. Selon lui, le gouvernement de gauche a sabordé son mandat, inauguré avec une coupe budgétaire de 20 millions d’euros, des postes supprimés et une grève historique d’un mois. Ce mouvement social reste un souvenir douloureux pour Mathieu Gallet : « J’ai eu envie de jeter l’éponge. Je ne pouvais plus mettre les pieds dans mon bureau, qui avait été menacé d’être envahi, de peur d’être séquestré. Je me souviens d’une centaine de personnes qui tapaient contre les murs pour y pénétrer. J’ai dû quitter la Maison ronde par un chemin secret. Je donnais mes rendez-vous dans un café. Humainement, cette période a été dure à vivre. »

Mathieu Gallet en veut aussi à Emmanuel Macron, alors candidat à l’élection présidentielle, et qui avait évoqué, sur le ton de la plaisanterie, la rumeur d’une liaison entre eux : « Je l’ai appris sur Twitter. Sur la forme, je regrette qu’il ne m’ait pas prévenu. Ça aurait été plus élégant de sa part. C’est une question de respect. » La même année, après l’élection d’Emmanuel Macron, François Bayrou, tout juste nommé  éphémère ministre de la Justice, a fait pression sur Mathieu Gallet. D’abord « pour se plaindre de la mise en retrait de Jean-Louis Bourlanges, un chroniqueur de France Culture engagé derrière Emmanuel Macron » puis pour dire qu’il était « mécontent d’une enquête sur le MoDem, son propre parti. C’est hallucinant. Je n’avais jamais vu ça. »