Présidentielle 2022 : Europe 1 épinglée pour « de nombreux manquements » à l’égalité des temps de parole

RADIO En journée, l’Arcom a notamment comptabilisé des temps de parole variant de 16 minutes pour Jean Lassalle à 28 minutes pour Marine Le Pen

20 Minutes avec AFP
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Un studio d'Europe 1
Un studio d'Europe 1 — Capture d'écran/Europe 1

La radio bleue se fait taper sur les doigts. Ce vendredi, Europe 1 a reçu un avertissement du régulateur de l’audiovisuel, l’Arcom (le nouveau nom du CSA), pour ne pas avoir respecté l’égalité des temps de parole entre candidats avant le premier tour de l’élection présidentielle.

Dans cette « mise en demeure » (qui a valeur d’avertissement avant d’éventuelles sanctions), l’Arcom pointe « de nombreux manquements à l’obligation d’égalité », en soulignant que « les candidats et leurs soutiens ont bénéficié de temps de parole et de temps d’antenne inégaux » dans la période du 28 mars au 8 avril. Durant cette période, c’est la règle de l’égalité stricte qui s’appliquait, calculée sur quatre périodes (matin, journée, soir, nuit).

Philippe Poutou en bas du classement

Par exemple, sur la tranche du matin, les temps de parole relevés sur Europe 1 (groupe Lagardère contrôlé par Vincent Bolloré) étaient de 22 minutes pour Anne Hidalgo ou 27 minutes pour Jean Lassalle contre 35 minutes pour Marine Le Pen, 36 minutes pour Eric Zemmour et 37 minutes pour Nathalie Arthaud.

En journée, l’Arcom a comptabilisé des temps de parole variant de 16 minutes pour Jean Lassalle à 28 minutes pour Marine Le Pen. En soirée, les temps de parole pouvaient par exemple s’échelonner de 6 minutes pour Nicolas Dupont-Aignan à près de 8 minutes pour Yannick Jadot et plus de 8 minutes pour Emmanuel Macron.

Le candidat qui a bénéficié du moins de temps de parole dans toutes les tranches était Philippe Poutou, mais la radio « a indiqué [qu’il] avait refusé d’intervenir sur son antenne au cours de cette période », indique l’Arcom.

Des écarts « relativement faibles » pour Europe 1

Les mêmes disparités s’observent pour le temps d’antenne des candidats. Cette donnée plus large comprend la parole du candidat et tout ce qu’il y a autour, comme la description par un journaliste d’un meeting par exemple. Pour justifier sa mise en demeure, l’Arcom indique qu’elle avait auparavant adressé à Europe 1 une « mise en garde ferme » pour des « manquements » dans la répartition des temps de parole durant la période du 1er janvier au 7 mars.

Sollicitée par l’AFP, Europe 1 a jugé « relativement faibles » les écarts relevés par l’Arcom entre les temps de parole moyens par candidat. « Sur la matinale, le temps de parole moyen constaté est de 30 minutes », a ajouté la radio. « L’Arcom nous reproche d’avoir exposé Nathalie Arthaud 37 minutes. Nous tenons à préciser que nous avons pris soin d’inviter tous les candidats sur la même tranche dédiée au dispositif de la présidentielle », a-t-elle continué.