Guerre en Ukraine : De nombreux médias occidentaux se retirent de Russie, Radio France s'interroge

LIBERTE DE LA PRESSE La nouvelle loi de Vladimir Poutine prévoit jusqu'à 15 ans de détention pour la propagation d'informations visant à « discréditer » les forces militaires

C.R. avec AFP
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Un véhicule de Radio France (illustration)
Un véhicule de Radio France (illustration) — GILE Michel/SIPA

Mise à jour du 5 mars à 20h20 : Radio France ne quitte pas la Russie pour l’instant, contrairement à ce que nous annoncions précédemment.

Les menaces de Vladimir Poutine inquiètent. Vendredi, le président russe a signé une loi introduisant de lourdes peines pour toute personne publiant des « informations mensongères » sur l’armée, en pleine invasion de l'Ukraine par Moscou. Les peines encourues, pouvant aller jusqu’à 15 ans de prison, seront appliquées contre ceux qui diffusent des informations entraînant des « conséquences sérieuses » pour les forces armées russes.

Les services publics allemands et italiens se retirent

Par conséquent, de nombreux médias annoncent tour à tour suspendre leur couverture depuis la Russie et retirer leurs correspondants du pays par crainte de représailles. Radio France a indiqué ce samedi attendre une expertise juridique pour décider de suspendre ou non la correspondance de ses journalistes en Russie. Radio France « ne suspend pas sa correspondance depuis Moscou », a tweeté le directeur de l’information de Radio France, Vincent Giret. « Nous préservons nos correspondants, nous sommes dans l’attente d’une expertise juridique et nous statuerons dans les prochains jours », a-t-il précisé.

Un peu plus tôt dans la journée, les chaînes de télévision publique allemandes ARD et ZDF avaient annoncé la suspension temporaire de leur couverture depuis Moscou, le temps « d’examiner les conséquences » de la nouvelle loi. Idem du côté de la RAI, la télévision publique italienne, qui a interrompu « les services journalistiques de ses propres envoyés et correspondants […] afin de protéger la sécurité des journalistes sur place ».

Efe, la première agence de presse hispanophone au monde, a également annoncé ce samedi « suspendre » son activité en Russie après le vote de cette loi. « L’agence Efe regrette profondément cette grave attaque à la liberté d’expression, une tentative évidente du Kremlin de cacher la vérité à l’opinion publique », a commenté la présidente de l’organe de presse Gabriela Cañas.

D’autres médias « évaluent la situation »

Ce vendredi déjà, plusieurs médias internationaux avaient réagi à la signature de la loi des mains de Vladimir Poutine. L’agence Bloomberg News déclarait qu’elle allait suspendre temporairement son « travail de collecte de l’information en Russie », selon son rédacteur en chef John Micklethwait. Les radiotélévisions publiques britannique BBC et canadienne CBC/Radio Canada avaient également annoncé pareille décision.

La chaîne américaine d’informations CNN, quant à elle, a expliqué suspendre la diffusion de ses programmes en Russie « le temps d’évaluer la situation », tout comme ABC News. De leur côté, le Washington Post et l’agence de presse Reuters veulent également prendre le temps de jauger l’évolution de l’état des choses.