L'intersyndicale de France 3 Rhône-Alpes dénonce l'attitude de Thierry Frémaux envers une journaliste

MEDIAS L’intersyndicale déplore que le président du Festival Lumière ne se soit pas excusé pour avoir « donné un grand coup sur la caméra » d’une journaliste de la rédaction jeudi à Lyon

F.R.
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Thierry Frémaux à la cérémonie d'ouverture du Festival de San Sebastian (Espagne), le 17 septembre 2021.
Thierry Frémaux à la cérémonie d'ouverture du Festival de San Sebastian (Espagne), le 17 septembre 2021. — ANDER GILLENEA / AFP

La scène s’est déroulée jeudi, rue du Premier film à Lyon. Le président du Festival Lumière, Thierry Frémaux, attendait l’arrivée de la réalisatrice Jane Campion, lauréate du Prix 2021, lorsqu’il s’est tourné vers la journaliste reporter d’images (JRI) de France 3 Rhône-Alpes.

« Soi-disant "gêné" par la petite lampe d’appoint, [il] s’est précipité vers notre consœur et a donné un grand coup sur la caméra, qui était en train de tourner », relate ce mardi un communiqué intersyndical de la rédaction lyonnaise de la troisième chaîne, qualifiant le geste de « réaction hors de contrôle ». « Notre collègue, choquée, a eu beaucoup de mal à continuer son travail », poursuit le texte cosigné par le SNJ, la CGT et la CFDT.

Les images ont été diffusées dans l’édition du 19/20 Rhône Alpes du 15 octobre. « L’ensemble de la rédaction de France 3 Rhône-Alpes dénonce l’attitude du président du festival, a rebondi la présentatrice en plateau. Nous apportons tout notre soutien [à notre consœur]. »

« Le silence assourdissant de la direction du réseau et de l’entreprise »

L’intersyndicale déplore que Thierry Frémaux n’ait pas présenté la moindre excuse, alors que « le rédacteur en chef de Lyon et la direction régionale ont tenté de joindre l’intéressé pour protester contre cette attitude ». Ces derniers auraient au contraire reçu « une réponse déniant toute responsabilité et même accusatoire. (…) L’auteur de ce geste violent menace désormais d’attaquer en diffamation ceux qui osent le dénoncer. »

Les syndicats de la rédaction rhônalpine s’insurgent également contre « le silence assourdissant de la part de la direction du réseau et de celle de l’entreprise » et leur attitude « sur le traitement de cette affaire ». Ils leur demandent « d’intervenir fermement publiquement, comme ils ont l’habitude de le faire pour d’autres agressions d’équipes de reportages. »