Prud'hommes: Osez le féminisme ! intente un procès à Miss France

MEDIAS L'association féministe accuse Endemol Production et la société Miss France de ne pas respecter le droit du travail, mais aussi de discrimination

F.R.
L'élection de Miss France 2021, le 20 décembre 2020.
L'élection de Miss France 2021, le 20 décembre 2020. — LOIC VENANCE / AFP

Candidate au titre de Miss France, est-ce une profession ? Oui, soutient Osez le féminisme ! en intentant une action aux prud’hommes contre Endemol Production, qui organisait l’élection retransmise sur TF1.

« Cette société, exploite des femmes, qui répètent et interprètent chaque année un spectacle sexiste, discriminant et lucratif générant des millions d’euros de recettes : l’ensemble en parfaite violation du droit du travail, écrit l’association dans un communiqué adressé ce lundi aux médias. Les candidates participent en réalité à un spectacle et réalisent donc une prestation de travail. »

La requête aux fins de saisine, envoyée vendredi au conseil de prud’hommes de Bobigny, vise également la société Miss France en tant que co-employeur, indique Le Monde ce lundi. Le site du quotidien du soir ajoute que trois demanderesses, trois femmes n’ayant pu participer au concours, se sont jointes à Osez le féminisme ! dans cette démarche.

« Ne pas boire ni fumer en public, et ne pas faire d’ironie »

L’association féministe accuse Endemol d'« utiliser des femmes pour fabriquer un programme audiovisuel (…) tout en bafouant le droit du travail qui interdit toute forme de discrimination relative aux mœurs, à l’âge, à la situation de famille, à la grossesse, aux caractéristiques génétiques, aux opinions politiques et à l’apparence physique ».

« Nous saisissons la justice pour que les principes du droit s’appliquent à l’émission qui encore aujourd’hui demande à ses "meneuses de revue" d’être célibataires, de ne pas boire ni fumer en public et de ne pas faire d’ironie (oui, c’est une vraie règle) », a complété Osez le féminisme sur Twitter.

La société Miss France, qui vient d’être créée, et succède à Endemol pour la production de la prochaine élection, prévue à Caen le 11 décembre, n’a pour le moment livré aucune réaction officielle.

Dans une interview publiée dimanche par Le Parisien, Alexia Laroche-Joubert, présidente de la société Miss France, a répondu à une question sur les reproches formulés par les féministes envers le concours. « C’est un gag de dire qu’on avilit la femme ! Cette année, on a d’ailleurs un record d’inscriptions », a-t-elle notamment déclaré.