« Ligue du LOL » : « Les Inrocks » condamnés pour le licenciement d’un journaliste

PRUD'HOMMES Pour la justice, l'ex-rédacteur en chef a été écarté « sans cause réelle et sérieuse »

20 Minutes avec AFP
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David Doucet a eu gain de cause devant les prud'hommes de Paris
David Doucet a eu gain de cause devant les prud'hommes de Paris — CHAMUSSY/SIPA

EDIT du 6 septembre 2021: Les noms des personnes concernées ont été retirés à leur demande

Le conseil des Prud’hommes de Paris a condamné Les Inrocks pour avoir licencié « sans cause réelle et sérieuse » son ex-rédacteur en chef, écarté en 2019 suite à l’affaire de la « Ligue du LOL », a-t-on appris ce samedi auprès de son avocate. Le mensuel a été condamné vendredi à verser au journaliste 25.000 euros de dommages et intérêts et autour de 20.000 euros d’indemnités de licenciement, de préavis et de congés payés afférents, a précisé son conseil, Me Sylvie Topaloff, confirmant une information de Mediapart et de Marianne.

« Le jugement indique que le licenciement a été fait sans cause réelle et sérieuse. Je considère que la réparation financière est sans commune mesure avec le préjudice moral qui a été infligé à l'ex-rédacteur en chef des Inrocks », a indiqué l’avocate. « Il a traversé deux ans de véritable cauchemar. Il a perdu son travail, sa famille, ses amis, son honneur, sa réputation. C’était coûteux, violent sur le côté psychologique, il était devenu un pestiféré », a-t-elle ajouté, précisant que son client ressentait un « énorme soulagement ».

Il avait été licencié en février 2019 pour « faute grave », après l’affaire de la « Ligue du LOL », ces journalistes et communicants qui harcelaient sur Internet principalement des jeunes femmes. Le journaliste avait admis avoir été l’auteur de faux comptes de célébrités et a aussi reconnu deux canulars téléphoniques, se disant « désolé » sur Twitter de la « dégueulasserie de ces actes ».

La direction des Inrocks avait justifié son licenciement par l’impact négatif sur « l’image du journal » et sur sa « crédibilité journalistique » au sein de leur rédaction. « Il y a eu un licenciement totalement injustifié basé sur 25 témoignages farfelus et indirects. Il n’y avait aucun élément sérieux et Les Inrocks ont reconnu devant les prud’hommes qu’il n’y a pas eu enquête interne. Ils ont cédé à la pression », a encore indiqué l’avocate. Le mensuel avait également reproché à son ex-rédacteur en chef son management par la terreur, dont il s’est toujours défendu.

Une deuxième personne avait également été licenciée.