« Paris Match » : « Malaise » à la rédaction dans le sillage de l’affaire Mimi Marchand

JUSTICE Les signataires expriment « leur profond malaise » depuis la garde à vue début juin de leur collègue, le journaliste François de Labarre, et la mise en examen de Michèle Marchand

20 Minutes avec AFP

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Mimi Marchand au Touquet le 22 avril 2017 (illustration).
Mimi Marchand au Touquet le 22 avril 2017 (illustration). — AFP

Un « profond malaise » règne au sein de la rédaction de Paris Match. En cause : la mise en examen de la figure de la presse people « Mimi » Marchand, en lien avec une interview de l’homme d’affaires Ziad Takkiedine publiée dans le journal, selon un courrier adressé à sa direction.

Révélé par des journalistes des Jours, le texte est signé de la société des journalistes (SDJ) de l’hebdomadaire et des syndicats SNME-CFDT, CGT, SNJ et FO. Il a été approuvé par 76 journalistes parmi 83 votants et envoyé le 18 juin, a précisé une journaliste de Paris Match qui a souhaité rester anonyme.

« Subornation de témoin »

Les signataires y expriment « leur profond malaise » depuis la garde à vue début juin de leur collègue, le journaliste François de Labarre, et la mise en examen de Michèle Marchand (dite « Mimi » Marchand), la patronne de l’agence BestImage, pour « subornation de témoin » et « association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie en bande organisée », dans un volet de l’enquête sur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle 2007 de Nicolas Sarkozy.

La justice s’intéresse à l’organisation au Liban d’une interview publiée en novembre 2020 où Ziad Takieddine revenait sur ses accusations concernant l’argent qu’aurait reçu Nicolas Sarkozy du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

Reprochant à la direction de ne pas s’être « expliquée » auprès « de l’ensemble de la rédaction », ses signataires craignent pour la « crédibilité » de leur titre.

« Mimi » Marchand mise en examen

Ils regrettent aussi que la garde à vue de leur collègue ait fait l’objet d’un éditorial, en juin, dépourvu de « contextualisation » et qui passe « sous silence » la mise en examen de Mimi Marchand.

Cette dernière a été placée vendredi en détention provisoire pour avoir violé son contrôle judiciaire, qui prévoyait une interdiction de contact avec plusieurs personnes, dont Nicolas Sarkozy, l’avocat de ce dernier, Thierry Herzog, et le directeur de la rédaction du JDD et de Paris Match, Hervé Gattegno.