Europe 1 entame son 5e jour de grève, défiance envers le patron de l’info

CRISE Le ton est monté d’un cran avec la validation d’une « motion de défiance à l’encontre de Donat Vidal Revel, directeur de l’information

20 Minutes avec AFP
— 
Des micros floqués du logo d'Europe 1.
Des micros floqués du logo d'Europe 1. — Thomas SAMSON / AFP

Ambiance très tendue chez Europe 1. La grève se poursuit ce mardi pour un cinquième jour consécutif sur fond de rapprochement avec CNews, la chaîne d’info du groupe Canal+, dont la ligne éditoriale fait effet de repoussoir pour les grévistes. A l’issue d’une assemblée générale dans la matinée, près d’une centaine de salariés ont voté la poursuite du mouvement jusqu’à mercredi 13h (90 votes favorables sur 95), ont précisé des salariés présents à la réunion.

Mais le ton est monté d’un cran avec la validation d’une « motion de défiance à l’encontre de Donat Vidal Revel », directeur de l’information, par plus de 90 % des votants. Elle sanctionne le « mensonge sur le projet éditorial » sur le fait que Louis de Raguenel – transfuge du magazine de droite Valeurs actuelles dont l’arrivée à la rentrée 2020 avait suscité un tollé – « ne deviendrait pas chef de service » politique et qu'« il n’y aurait pas de diffusion commune avec CNews », détaille un gréviste.

La mise en place d’une clause de conscience

Le mouvement, initié vendredi pour protester contre la mise à pied d’un journaliste, souhaite également la mise en place d’une clause de conscience, dispositif permettant aux journalistes de quitter leur titre avec des indemnités en cas de changement de ligne éditoriale. L’inquiétude est montée crescendo depuis l’annonce mi-mai du renforcement des liens avec CNews, avec qui la radio partage le même actionnaire principal, le milliardaire Vincent Bolloré, qui contrôle Vivendi et sa filiale Canal+.

En mêlant sa ligne éditoriale à celle de CNews qui témoigne d'« un activisme politique fortement ancré à droite, voire parfois à l’extrême droite », Europe 1 « va perdre (…) son capital de crédibilité auprès des auditeurs », estimaient la société des rédacteurs d’Europe 1 et l’intersyndicale dans une tribune publiée la semaine dernière.

La nouvelle grille dévoilée dans la presse

« Je ne comprends pas leur inquiétude. Leur agitation est curieuse et injuste », a répondu Arnaud Lagardère, patron du groupe éponyme, propriétaire de la radio, dans une interview au Figaro publiée lundi.

« Dire qu’Europe 1 passe sous la coupe de Vivendi, c’est un fantasme qui frôle le complotisme. Vincent Bolloré est un atout, pas une menace », estime pour sa part le dirigeant, qui à la fin du mois, avec la transformation juridique de son groupe, perdra son pouvoir absolu au profit de son premier actionnaire, Vincent Bolloré. Les grévistes ont découvert lundi par voix de presse les premiers changements de grille des programmes.

Arnaud Lagardère a ainsi annoncé l’arrivée à la rentrée de plusieurs figures de CNews sur la station telle que Laurence Ferrari, aux commandes d’un programme de trois heures qui sera diffusé partiellement sur la chaîne d’info. Ou encore celle de Dimitri Pavlenko, co-équipier d’Eric Zemmour dans l’émission Face à l’info, pour piloter la matinale équivalent du 20 heures à la radio.