Europe 1 : Censurée pour une blague sur Eric Zemmour, Christine Berrou démissionne

CRISE L’humoriste, qui travaillait sur Europe 1 depuis 2014, quitte la station de radio dans un climat social extrêmement tendu

C.R.

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Christine Berrou a quitté Europe 1 sans préavis.
Christine Berrou a quitté Europe 1 sans préavis. — Capture d'écran/YouTube

« Ce qui se passe est grave ». Ces mots sont extraits d’un SMS envoyé ce vendredi par Christine Berrou à sa hiérarchie qui, quelques minutes auparavant, demandait à l’humoriste de retirer une blague sur Eric Zemmour prévue pour sa chronique de dimanche sur Europe 1.

« Il est plus raisonnable de retirer cette allusion à Zemmour », explique-t-on à celle qui officie sur la station de radio depuis 2014. Instinctivement, elle décide alors de démissionner. « Là où la liberté d’expression n’a pas sa place, je n’ai pas ma place non plus », écrit-elle alors en réponse.

« Une personne dangereuse est en train de devenir intouchable »

Dans une interview accordée à Télérama, Christine Berrou est revenue sur les faits. Dans sa chronique, l’humoriste faisait un clin d’œil à la fête des pères en imaginant un dialogue entre une institutrice et ses élèves. « On va faire des colliers de nouilles. Non, mon papa il est allergique au gluten ! Bon alors on va faire des porte-clefs en cuir. Non, mon papa il est vegan, il ne porte pas de cuir ! Bon alors on va dessiner des bonshommes qui sourient. Non mon papa c’est Eric Zemmour, il n’aime pas les gens heureux », devait-elle s’exclamer.

La surprise n’a été que plus grande lorsque Christine Berrou a appris qu’un journaliste avait été convoqué par la direction de la radio pour un lancement qui contenait une pique envoyée au polémiste de CNews et qu’il valait donc mieux la jouer profil bas. « Cette censure signifie qu’une personne dangereuse est en train de devenir intouchable, et je ne veux pas participer à ça », explique l’humoriste à nos confrères.

La démission de l’humoriste, chroniqueuse dans la matinale du week-end et autrice pour l’émission quotidienne d’Anne Roumanoff, est un exemple de plus ajouté à la crise sociale que traverse Europe 1. Depuis vendredi, les salariés de la radio ont décidé de se mettre en grève pour protester contre la mise à pied d’un journaliste, alors que les tensions se multiplient en raison du rapprochement avec CNews.