Bretagne : La FRSEA condamne la tentative de sabotage visant la journaliste Morgan Large

AGROALIMENTAIRE Il y a quinze jours, la journaliste costarmoricaine avait découvert que plusieurs boulons de ses roues de voiture avaient été dévissés

C.A. avec AFP

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La journaliste bretonne Morgan Large, ici lors d'un rassemblement de soutien organisé à Rostrenen en avril 2021.
La journaliste bretonne Morgan Large, ici lors d'un rassemblement de soutien organisé à Rostrenen en avril 2021. — Damien Meyer / AFP

Ils ne sont pas les meilleurs amis du monde. Ce jeudi, la Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles (FRSEA) de Bretagne a pourtant fait savoir qu’elle condamnait « les actes malveillants » visant la journaliste Morgan Large, spécialiste des sujets sur la puissante agro-industrie bretonne. Le syndicat majoritaire chez les agriculteurs a par ailleurs précisé qu’il n’était « nullement responsable » de l'acte de sabotage​ dont la journaliste de Radio Kreizh Breizh (RKB) a été victime.

Le 31 mars, Morgan Large avait découvert que plusieurs boulons de ses roues de voiture avaient été dévissés, et certains perdus sur la route. « La FRSEA n’est toutefois nullement responsable de ceux-ci. Elle n’a jamais appelé à quelconque acte contre cette journaliste. Nous condamnons tous les actes illicites visant une personne ou ses biens », a fait savoir le syndicat dans un communiqué.

« Je suis devenue une cible parce qu’on m’a désignée comme cible »

Si elle ne désignait personne comme coupable, la journaliste reconnaissait « avoir peur » depuis cet acte d’intimidation. Engagée, Morgan Large a souvent enquêté sur l’agriculture et l’industrie agroalimentaire, piliers de l’économie bretonne régulièrement critiqués pour leurs pratiques sociales et environnementales. « Je suis devenue une cible parce qu’on m’a désignée comme cible. Mon visage est apparu sur le compte Twitter de la FRSEA Bretagne, j’étais clairement la personne à attaquer », a expliqué la journaliste lors d’une manifestation de soutien ayant réuni plusieurs centaines de personnes à Rostrenen le 7 avril. Interrogée par 20 Minutes à l’issue de ce rassemblement, elle avait regretté que l’acte ne soit pas condamné par le syndicat agricole.

Mardi, l’association Reporters sans frontières (RSF) a déposé une plainte et envoyé une demande de protection policière pour la journaliste. « Nous espérons que tous les journalistes qui dénoncent les agissements visant l’une des leurs condamneront aussi fermement les nombreux actes illicites ciblant les agriculteurs ou leurs biens », ajoute la FRSEA. « Si la liberté de la presse est réelle, la liberté d’expression syndicale l’est aussi. Alors, nous continuerons à exprimer notre vision, à défendre l’agriculture qui permet de nourrir nos concitoyens », poursuit le syndicat agricole.