« Protégeons la liberté d’information », demande l’Alliance de la presse d’information générale

TRIBUNE L'Alliance de la presse d'information générale publie jeudi 25 mars une tribune pour la liberté d'information alors que le photographe de L'Union agressé le 27 février est toujours dans un état grave

A.Le G.
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Illustration journaux
Illustration journaux — PIXABAY

Le 27 février dernier, Christian Lantenois, photojournaliste du journal L’Union, était violemment agressé et blessé à la tête lors d’un reportage. Il a été frappé avec son propre objectif photographique. Depuis cette agression, il est toujours hospitalisé, son pronostic vital reste engagé. Une personne a été mise en examen pour tentative de meurtre. La gravité des faits nous oblige aujourd’hui à alerter l’opinion publique pour susciter une prise de conscience collective. Notre volonté est d’ouvrir un débat de société autour de sujets qui nous touchent tous pour aboutir à des actions concrètes. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés.

Journalistes pris pour cible

Chaque jour, et plus particulièrement depuis 2015 et l’attentat contre Charlie, les journalistes sont de plus en plus fréquemment pris pour cible : agressions verbales ou physiques, menaces, dégradation de biens (matériel, voitures, locaux…) La plupart des plaintes déposées sont classées sans suite. Lors de reportages ou sur les réseaux sociaux, l’incitation à la haine est devenue notre quotidien. Comment travailler dans ces conditions, comment rendre compte, comment témoigner sur le terrain de ce que vivent les Français ? Nous partageons le constat que de la violence verbale, naît la violence physique. Sans réponse pénale adaptée, le sentiment d’impunité de ceux qui entravent la liberté d’informer et le débat démocratique ne cesse d’augmenter.

Avec l’ensemble des journaux de la Presse quotidienne régionale et de la Presse quotidienne nationale, nous disons stop à l’impunité pour faire appliquer voire évoluer la loi et mieux protéger les journalistes dans l’exercice de leur fonction. Pour exercer notre métier dans les meilleures conditions et continuer à vous informer, nous réclamons une réponse pénale ferme et adaptée.

L’éducation aux médias doit être une priorité

La plus grande zone de non-droit en France, ce ne sont pas les banlieues, ce sont les réseaux sociaux ! Les plateformes doivent être les garantes de l’application de leurs conditions générales d’utilisation. Anonymisation des profils, non-respect de l’âge légal d’inscription, incitation à la haine, menaces en ligne doivent être combattus et condamnés avec la plus grande fermeté. Ce qui n’est pas autorisé dans le monde réel ne peut l’être dans le monde virtuel.

Pour mieux comprendre ces enjeux, alors que démarre la semaine de la presse à l’école, c’est vers les jeunes générations que nous souhaitons mener une partie de notre action. L’objectif : comprendre le rôle des journalistes, de la presse et des médias dans notre société. Découvrir comment travaillent des journalistes, pouvoir les interpeller, les interroger. Les enfants d’aujourd’hui, sont les citoyens de demain. Nous demandons la mise en place d’une politique structurée d’éducation aux médias auprès des plus jeunes et tout au long du parcours scolaire.

Citoyens, enseignants, parents, associatifs, chefs d’entreprise, élus locaux, représentants politiques, nous avons besoin de chacun de vous à nos côtés pour mener ensemble ce projet, qui nous engage en faveur d’une société plus respectueuse et responsable.

#Jesuisjournaliste