« Je ne suis pas une salope » : Deux cents étudiants en journalisme appellent au boycott des bourses de Canal+

PETITION Après la diffusion du documentaire « Je ne suis pas une salope », les étudiants et étudiantes réclament que les écoles de journalisme cessent leur collaboration avec Canal+

C.R.

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Pierre Ménès sur le plateau du « Canal Football Club » en 2019
Pierre Ménès sur le plateau du « Canal Football Club » en 2019 — Thierry Gromik

Le documentaire de Marie Portolano, Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste, continue d’alimenter les discussions trois jours après sa diffusion sur Canal+. Dimanche soir, Les Jours révélaient que deux séquences, qui abordaient la question du sexisme et de la misogynie avec Pierre Ménès, avaient été coupées au montage à la demande de la chaîne cryptée. Depuis, les images dans lesquelles le chroniqueur sportif embrasse de force plusieurs femmes sur des plateaux de télévision ressurgissent.

En demandant de couper des scènes avec Pierre Ménès, Canal + a provoqué une vague d’indignation, notamment chez les étudiants et étudiantes en écoles de journalisme qui réclament la fin des collaborations avec la chaîne cryptée. Deux cent un étudiants et étudiantes en journalisme ont ainsi signé une pétition appelant au « boycott des bourses Canal+ ». Depuis plusieurs années, le groupe organise un concours destiné aux jeunes issus des écoles de journalisme reconnues par la profession. A la fin des différentes épreuves, le lauréat ou la lauréate remporte généralement un contrat à durée déterminée.

« L’impunité doit cesser »

« Nous appelons aussi et surtout nos écoles, qui travaillent en collaboration avec Canal+, à faire face à leurs responsabilités et à cesser de coopérer avec la chaîne tant que cette dernière ne prend pas les mesures qui s’imposent, écrivent les signataires de la pétition dans le texte qui l’accompagne. L’impunité doit cesser, et les rédactions dans lesquelles nous allons travailler doivent à tout prix évoluer. »

« Il faut savoir que la majorité de ses agissements ont été dénoncés en interne, mais toujours minimisés ou étouffés par les différentes strates de la direction », confiait une source de Canal+ à 20 Minutes. Une réflexion qui ne démoralise pas les étudiantes et étudiants qui ont récolté leurs 200 signatures en un peu plus de 24 heures.