Loi « sécurité globale » : Plusieurs centaines de manifestants réunis en France

LIBERTE A Paris, les manifestants étaient réunis devant le Sénat pour protester contre la loi sécurité globale, qu’ils jugent « attentatoire aux libertés fondamentales »

20 Minutes avec AFP
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Une centaine de personnes se sont rassemblées pour manifester contre la Loi sécurité globale devant le Senat, mardi 16 mars
Une centaine de personnes se sont rassemblées pour manifester contre la Loi sécurité globale devant le Senat, mardi 16 mars — Jeanne Accorsini/SIPA

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées mardi dans le calme en France pour réclamer le retrait de la proposition de loi « Sécurité globale », qu’ils et elles jugent liberticide et dont l’examen par le Sénat vient de débuter, ont constaté des journalistes de l’AFP.

A Paris, les manifestants et manifestantes étaient réunis devant la Haute assemblée, brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Démocratie matraquée », « Police floutée, justice aveugle ». Plusieurs élues et élus étaient également présents, dont la sénatrice écologiste Esther Benbassa, le sénateur communiste Pierre Laurent ou le député LFI Eric Coquerel.

Rassemblements à Nantes et Rennes

Dans le cadre d’une semaine de mobilisation, d’autres rassemblements étaient organisés dans plusieurs villes. À Nantes, selon le décompte de la police, 500 personnes ont défilé mardi après-midi de la préfecture au Théâtre Graslin, occupé depuis près d’une semaine par des intermittents dans le cadre du mouvement national d’occupation des lieux culturels.

Rassemblement également dans le calme à Rennes où une vingtaine de personnes se sont réunies devant la permanence de la sénatrice PS d’Ille-et-Vilaine Sylvie Robert, pour dire non au texte mais aussi au fichage des syndicalistes.

« Attentatoire aux libertés fondamentales »

Les manifestants et manifestantes répondaient à l’appel de la coordination Stop loi sécurité globale, mobilisée depuis novembre à l’initiative des syndicats de journalistes et de la Ligue des droits de l’homme, rejoints par diverses organisations de défense des libertés et des « gilets jaunes ».

Ce texte est « attentatoire aux libertés fondamentales, à la liberté d’informer et d’être informé », a résumé devant la foule parisienne Emmanuel Poupard, premier secrétaire général du Syndicat national des journalistes (SNJ).

Généralisation des drones et caméras piétons

Déjà adoptée par les députés et députées, cette proposition de loi très controversée, notamment pour son article 24 qui vise à pénaliser la diffusion malveillante de l’image des policiers, est examinée dès mardi en première lecture au Sénat. Des centaines d’amendements ont été déposés et l’article 24 a été totalement réécrit en commission. Mais pour le collectif, la proposition de loi est irrécupérable.

« L’ensemble de la loi élargit de manière indiscriminée les pouvoirs de surveillance de la police, en généralisant l’usage des drones et de caméras piétons, dispositifs pouvant être reliés à des logiciels de reconnaissance faciale qui annihilent toute notion de vie privée dans l’espace public », souligne la coordination.

500.000 personnes en novembre

Ce texte, « avec le projet de loi "confortant les principes de la République", les décrets élargissant le fichage politique ou les récentes attaques contre les libertés académiques, est le symbole d’une évolution d’un Etat de droit vers un Etat de police », plaident les membres du collectif.

La dernière mobilisation nationale contre le projet de loi, le 30 janvier, a rassemblé 32.770 personnes, selon le ministère de l’Intérieur, « plusieurs dizaines de milliers » selon la coordination. La plus importante journée de mobilisation, le 28 novembre, avait rassemblé 500.000 personnes dans le pays selon la coordination, 133.000 selon le gouvernement.