BFMTV s’est lancée sur Twitch devant 22.000 spectateurs… et autant de trolls ?

RESEAU SOCIAL De plus en plus de médias, de chaînes télé investissent le réseau social Twitch, et sont attendus au tournant

V. J.

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Margaux de Frouville, cheffe du service santé de BFMTV, a répondu aux internautes lors d'un premier stream mouvementé
Margaux de Frouville, cheffe du service santé de BFMTV, a répondu aux internautes lors d'un premier stream mouvementé — Capture ecran BFMTV / Twitch

Samuel Etienne fait des petits. Alors que l’animateur de Questions pour un champion et de la matinale de Franceinfo est devenu la star de Twitch avec sa revue de presse La matinée est tienne, d’autres rejoignent le réseau social pour tenter de toucher une nouvelle audience, plus jeune. Mais si Samuel Etienne le fait en son nom, ce n’est pas le cas de BFMTV qui lançait son premier live mercredi soir, un stream où la cheffe du service santé de la chaîne, Margaux de Frouville, répondait aux questions des internautes sur le Covid-19 et la vaccination.

« Non merci… pas besoin… restez où vous êtes »

Dès son annonce, ce nouveau rendez-vous et nouveau format a été rejeté par une partie de la communauté Twitch : « Cassez-vous », « Non merci… pas besoin… restez où vous êtes », « J’espère que ça sera un flop total », « Allez faut que tous les trolls se ramènent contre cet opportunisme »… Et ça n’a pas loupé, en plus de quelques soucis techniques, le stream a été marqué par un tchat hostile, comme le détaille Le Figaro.

« On savait qu’on allait être attendu au tournant, subir une sorte de bizutage, c’est le jeu, commente Julien Mielcarek, directeur des rédactions digitales de BFMTV et en charge de ce lancement sur Twitch. Ils sont surpris de voir une chaîne de télé débarquer sur leur réseau social. » Si Julien Mielcarek regrette bien sûr le déchaînement d’insultes, « organisé par une bande de trolls », il retient aussi que les gens ont posé beaucoup de questions et que le live, prévu sur une demi-heure, a duré plus d’une heure.

Pour le directeur des rédactions digitales, l’arrivée de BFMTV sur Twitch n’est pas différente de la réappropriation d’outils comme Facebook, Twitter, Snapchat ou TikTok : « Il s’agit d’un nouveau terrain de jeu, où nous ne sommes pas forcément attendus. Il s’agit de réfléchir à un format, une écriture, à surprendre aussi, tout restant en lien avec notre cœur de métier : l’information ».

« Au milieu des commentaires, très déplacés, il y avait du fond »

Julien Mielcarek insiste sur le fait que contrairement à ce qui a pu être dit, BFMTV n’est pas arrivée les mains dans les poches : « Nous avons regardé beaucoup de streams, nous sommes en lien avec Twitch, nous voulons respecter les règles du jeu. » A chaque média, son format, son rendez-vous, « comme sur le podcast natif, ajoute le journaliste, sur lequel BFMTV a pris le temps, au point d’être en retard diront certains, le temps de trouver la bonne idée, avec par exemple L’instant où avec Dominique Rizet. »

Ce premier stream de BFMTV a réuni 22.000 internautes (Samuel Etienne est en moyenne à 10-15.000 mais compte près de 300.000 abonnés), mais l’audience n’est pas du tout un enjeu pour la chaîne, qui met en avant l’interactivité de Twitch : « Au milieu des commentaires, très déplacés, il y avait du fond. » Le prochain live est prévu à la semaine prochaine, le 11 mars : les journalistes Matthieu Croissandeau et Fabien Randrianarisoa commenteront en direct l’interview de Marine Le Pen dans Face à BFM. « Chaque rendez-vous se fera en fonction de l’actualité, avec des visages de l’antenne mais aussi du Web », précise Julien Mielcarek.