Reims: Un photojournaliste agressé et grièvement blessé dans un quartier prioritaire

AGRESSION Il « semblait couvrir des regroupements de jeunes » dans le quartier prioritaire Croix Rouge. Une enquête a été ouverte pour tentative de meurtre

B.D. avec AFP

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Un brassard de police. (illustration)
Un brassard de police. (illustration) — THOMAS COEX / AFP

Un photojournaliste du quotidien régional L’Union a été grièvement blessé ce samedi à Reims, alors qu’il « semblait couvrir des regroupements de jeunes » dans le quartier prioritaire Croix Rouge, et une enquête est ouverte pour tentative de meurtre, a-t-on appris auprès de la préfecture et du parquet.

Aux alentours de 15h, « un journaliste du journal L’Union a été agressé et grièvement blessé dans des circonstances encore indéterminées, mais de manière volontaire. J’ai donc ouvert une enquête pour tentative de meurtre, confiée à la sûreté départementale », a indiqué le procureur de la République de Reims, Matthieu Bourrette. Le photographe, âgé de 65 ans, « a été pris en charge par le Samu et transféré au CHU de Reims, avec un pronostic vital engagé », a-t-il précisé.

Présent pour des raisons professionnelles

« Il semblerait qu’il était présent pour des raisons professionnelles et qu’il semblait couvrir des regroupements de jeunes. Le reste des circonstances est encore inconnu et mérite d’être clarifié », a poursuivi le procureur. Aucune interpellation n’est intervenue à ce stade, a-t-il ajouté.

Le journaliste « a été retrouvé au sol, aux alentours de 15h30 dans le quartier Croix Rouge (…). Les forces de l’ordre étaient sur place, avaient identifié des mouvements de jeunes, dont certains portaient des battes de base-ball, et des renforts avaient été appelés » pour sécuriser le quartier, a ajouté le préfet. Les autorités n’ont pour le moment « pas d’informations précises sur ce qui s’est passé, s’il a reçu des coups ou un projectile. Mais il était au sol, saignait au niveau des oreilles », a-t-il déploré.

« Rien ni personne n’entravera jamais notre volonté d’informer ni notre liberté d’agir »

Christian Lantenois, « était avec une consoeur de la locale de Reims », alertée « d’un évènement dans le quartier », qu’il a rejoint « avec une voiture floquée » du logo du journal, a expliqué l’une des deux rédactrices en chef du journal, Géraldine Baehr-Pastor. « On ne sait pas s’il est sorti seul, ni si quelqu’un l’a sorti de la voiture », a précisé la co-rédactrice en chef Carole Lardot. La consoeur a « seulement entendu une altercation », avant de retrouver le photographe.

« L’entreprise condamne avec la plus grande fermeté cette agression. Rien ni personne n’entravera jamais notre volonté d’informer ni notre liberté d’agir », a réagi le directeur général du journal Daniel Picault, exprimant ses « pensées » pour la victime et ses proches.

« Le quartier reste un quartier sensible. Il y a un an, juste avant le confinement, il y a eu deux séries d’affrontements entre les jeunes de ce quartier et d’un autre quartier. Redoutant ce type de problème, les policiers occupaient l’espace », a ajouté Marne Pierre N’Gahane. Le photographe de L’Union « aurait décidé de se déplacer sur les lieux avec une collègue. Il est arrivé quelques minutes avant elle » et elle « l’aurait découvert », a-t-il détaillé. Les autorités n’ont pour le moment « pas d’informations précises sur ce qui s’est passé, s’il a reçu des coups ou un projectile. Mais il était au sol, saignait au niveau des oreilles », a-t-il déploré.

Solidarité de Darmanin et Bachelot

« Mes pensées accompagnent le photojournaliste grièvement blessé dans le cadre de son travail à Reims. Solidarité avec la rédaction de L’Union-L’Ardennais et l’ensemble de la profession. La police nationale est pleinement mobilisée pour identifier et interpeller les auteurs », a tweeté ce samedi soir le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

« Aujourd’hui, le seuil de l’inacceptable a été dépassé (…) Au delà de l’ignominie d’un tel acte, je veux exprimer mon ras le bol devant ce ramassis de vauriens qui pourrissent la vie de nos quartiers » a de son côté déclaré sur Facebook le maire LR de Reims Arnaud Robinet. La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot s’est aussi émue d’une « lâche agression » dans un tweet, faisant part de la « solidarité » avec le photographe et sa rédaction.